1716 HISTOlfiE SOCIALISTE filer en hâte de leur popularilé parisienne pour devenir représentants el minislres, que les hébertistes demandaient l'applicalion précipitée de la Constitution, « l'organisation conslilulionnelle du ministère•• c'esl-à-dire la dissolulion de la Convention, le destin de la liberté et de la nalion remis au hasard d'élections en pleine crise de guerre civile et de guerre étrangère. Eux, les prétendus révolutionnaires, ils veulent mettre fin avant l'heure au gouvernement révolutionnaire, dans l'espoir d'être du gouvernemenl qui suivra ou de le dominer. Dès mainlenanl, Hébert ne pardonne pas à Danton el à Robespierre rle n'avoir pas fail de lui, Hébert, le successeur de Garat au ministère de l'Inte rieur. Le père Duchesne a hâle de fumer sa pipe dans un salon ministériel, et il faut voir avec quel dépit misérable, mal couvert sous des grimaces de dédain, il commente son échec devant les commères que convoque sa fiction el qui lui font une cour admirative et empressée. Ce n'est pas seulement cet esprit de coterie misérable et de particularisme ambitieux que représentait l'hébertisme. li est encore, sous forme démagogique, la première apparition du militarisme dans la Révolution française. Oui, l'hébertisme est militariste par son origine même; c'est dans les bureaux de la guerre qu'il esl né et qu'il a grandi. li a le sabre lralnanl et la moustache provocatrice. JI est militariste par le go0l de la brulaliLé el de la parade. Il se plait aux expéditions de l'armée révolutionnaire, aux gestes terrillants qui ressemblent aux allures d'une armée en pays conquis. Et ces chefs populaires (c'est Chaumette qui nous l'apprend) se couvrent de dorures pour marcher derrière la guillotine, comme le~ prêtres se revêtent d'étoles splendides pour aller sous le dais. li est militariste par l'horreur et la crainte du pouvoir civil. Casser la Corrvention lui serait un jeu, el il installerait au pouvoir, le lendemain, loul un état-major à panaches. Le furieux hébertisle Vincent disait des commissaires de la Convention aux armées : • Qu'on achète des mannequins el qu'on les habille du costume dessiné par Dalid. Voilà les délégués de la Convention. • Belle a!Teclalion de simplicité démocralique chez ces orficiers rél'olulionnaires qui se chamarraienl à plaisir. Non, ce qui choquait Vincent, c'était précisément que les délégués de la Convention ne rossent pas des mannequins, et que par eux les armées de la Révolution dont l'hébertisme espérait envahir tous les grades fussent tenues sous la dis• cipline du gouvernement central et dela loi. L'hébertisme était militariste par sa complaisance à une polilique prolongée d'exécutions militaires. Son idéal révolutionnaire, c'était, le lendemain d'un assaut, les !iauvagesreprésailles de guerre sur les villes vaincues. Lyon esl pris, la répression s'y déchaine. Marseille est pris; la fureur de revanche s'y déploie. Toulon capitule; la trahison esl noyée dans le sang. La Vendée fléchit; Nantes devient Je·centre d'o~éralion du bourreau. Partout les commissaires de la Convention, Fréron et Barras à Toulon
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