932 IIISTOlllE SOCIALISTE Dumnurin le faisaient sourire. Cc grand enfant gil.té qui s'imaginait qu'on peut tonjour- cli-,wr de ,uhlils cl1•s,eins i1 tra,crs les blocs heurtés des événemr•pt, ma-,ifs, était opposé /1 la guerre avec l'Angleterre: mais il croy~it po,,il,le d"enrnhir la Holl,mde ,an, pro,oquer relie guerrt'. Danton n'a\'ait point cet enfantillage. Il avait, à ce moment, prb son parti cic la guerre avec l"Ani:lrtern-, et il voulaib'a,,un•r por la po,-cs,ion de, ports de la Hollan<le, par la main-mi~c snr ses forces navale-, des moyens décisifs de combat. li se servait donc de Dumouriez comme d'un in,trument militaire tri·, brillant et très souple. li se félicitait s 111s doute que l'invasion !le la llollanrle, en 0atlant l'e~prit de Dumouriez. dhcloppil.t Ioules les ressource, de son p-i'nie. Mais il ne tenait aucun compte des vues politi11ues de celui-ci. En Belgi~ue-, il allait ju-te i• contre-sens de la politique de Dumouriez. Celui-ci aurait ,oulu rnên~g-er les habitu,le,. Je, préjugi's des B,•l11e,,et en faire un Etat indépenrlant gouverné par un récime tran,actionnel, p1r une sorte de reuillantLsme. D, nton avait. an runlraire, conclu quïl était impo,sihle d'as5nrrr la R<holution en B,·Jiri11uc, ~i on abandonnait le peuple belge à lui-1 ème. et qu'il serait runc,t~ de liHer la minorité révolnlionnaire à un ,..,tour nfîrn,ir de; nohles et· des prMres. li ,·, 11ait <lonc décidé pour l'annexion, cl il avait, pendant •a mission, tr,1rnillè le; esprits en ce sens. :-ion •enlemenl il allait par là ronlre toute la politique de Dumonriez, mais en préparant l'incorporation de la Belgique et m~me d'nne partie de la llollan,lc jusqu'au Rhin. il achevait ,le rendre inévilablr la rupture avec l'..\n~l<'lerrr. Or, seul, le rle•,ein de ménager l'Am?leterre et le sonci de prévenir une <'\len•ion de la E?uerrc aurait pu l'incliner à un sy,lème de clémence envers Louis XVI. Son énergie ré1olutionnaire n'était donc gênée ni parali sée en rien. "st-il irai qu'il ait songé un moment, sans dÔute quand la question du procè, du roi commença à se poser, à lui faire gril.ce de la ,ie? J~ ne retrouve pas l'origine du mot que lui prôtent quelques hi,toricns et qu'il aurait dit aux Corrleliers: c Une nation se sauve, elle ne se venge 1>as.• Ce n'est point d'aillenrs un appel~ la clémence, mais nne protestation contre la groosi~reté d'c,prit et d"il.mequi voiail dans le procès du roi un • acte de vengeance •· Si cc propos avait eu quelque consistance, les Girondins l'auraient reproché à Danton quand, exa,péré et acculé par eu'<, il le, dénonce en aHil "comme des lâches qui avaient ,•oulu sauver le tyran•· SaintJustr fait allu•ion dans l'acte monstrueux qu'il rédigea contre Danton : • C'e,t toi qui, le premier, dans un cercle de patriotes que tu voulais surprendre, proposas le bannissement de Capet; proposition que tu n'osas plus soutenir à ton retour, parce qu'elle était abattue et qu'elle t·eot pnclu. • Cela est bien ,agnc, cl Saint-Just n'insiste guère. Danton n'arnil certnioement <litaucune parole qui le liàt, et c'est avec Ea force intacte de Rc,olution, c'est 3\'CC sa foi superbe eu elle et en lui qu'il reparaissait le
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