HISTOIRE SOCIALISTE 1û8i presque tout le peuple, c'est la passion del 'inlérèt qu'ils mettaient en jru en frappant la crédulité des hommes par les images les plus grandes. Ce n'est point sous un soleil brûlant et insupportable qu'ils appelaient le peuple clans les campagnes; les moissons alors sont serrées, l'espoir du laboureur e-t rempli; la séduction n'eût été qu'imparfaite; c'est dans le joli mois de mai, c'est au moment où le soleil naissant n'a point encore absorbé la rosée et la fraicheur de l'aurore, que les prêtres, environ nés de superslition et de rrc11cilleme11t, trainaient les peuplartes crédules au milieu des campagnes; c'e,t là que sous le nom de Roqatiom leur ministère s'interposait entre le ciel et nou-; c·e~t lit qu"après avoir déployé à nos yeu~ la nature dans sa plus grande beaut~, qu'a1>rès nous avoir étalé la terre dans sa parure, ils semblaient nous dire t>l nous disaient elTectivement: « c·est nous, prêtres. qui avons rererdi ces cam- « pagnes; c'est nous qui fécondons ces champs d'une si belle espérance; c·c,l • par nous que 1•05greniers se rempliront. • Or, ~i !"Eglise a associé une doctrine d'illusion et de men;;onge à la vie dr l.1nature, comment la Révolution, qui est le retour des hommes à la nature et à la vérité, ne serait-elle point en communication avec la magnifiqu~ diversité des choses? Le Comité proposait donc de nommer les mois d'aprèla ,ie même des sai~on~. « ~ous aYons cherché même à mettre à profil l'harmonie imitative de la langue dans la composition et la prosodie cle ces mots, et dans le mécanisme de leur désinence; de telle manière que les noms des mots qui compo.-ent l'automne ont un son grave et une mesure moyenne; ceux de l'hiver, un son lourJ et une mesure longue; ceux du printemps, un son gai et une mesure !Jrè1e ; et ceux de l'été, un son rnnore el une mesure large. « Ainsi les trois premiers mois de l'annôe, qui composent l'automne, prennent leur étymologie, le premier des Yendanges, qui ont lieu de scptem!Jre en octobre; ce mois se nomme Vendémiaire; le second, des brouillards et des brumes basses qui sont, si je puis m'exprimer ainsi, la transsudation de la nature d"octobre en novembre; ce mcis se nomme Brwwlirr; le troisième, du frcid, tantôt sec, tanlôl humide, qui se !ail sentir cle novembre en décembre, ce mois se nomme Primaire. « Les trois mois d'hiver prennent leur étymologie, le premier, de la neige qui blanchit la terre de décembre en janvier, ce mois se nomme .\ïvd.,r; le second, des pluies qui tombent généralement avec plus d'abondance de jall\ ier en fé1rier, ce mois se nomme Pluviôse; le troisième, des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre, de février eu mars, ce mois se nomme l'enldse. « Les trois mois dn printemps prennent leur étymologie, le premier, de la fennenlallon el du développement de la sève, de mars en avril, ce moi~ ôe norume Germinal; le second, de l'épanouissement des fleurs, d"avril en mai,
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