1684 lllSTOlfiE SOCIALISTE Salul public avail d,mn6 l'or,lrc à Houchard de s'engager à fond, de pou,ser el d'envelopper l'ennemi par une o!Tensive formidable. Houchard a hésilé, il s'est contenté d'une demi-victoire. Qu'il soit frappé; il est révoqué, traduit pour désobéissance devant le tribunal révolutionnaire, exécuté. Houchard après Custine : terrible leçon! L, victoire ou la mort. Et la tiédeur, l'indécision sont chO.tiées comme félonie . .\Jais si le duc d'York qui commandait autour de Dunkerque une armée mèlée d'Anglais, d'Aulrichiens et d~ llanovricn~, avait subi un flchec, le danger restait grJn I sur un autre point d~ la frontière. Le général autrichien Clairfayt investissait )faube uge, et s'apprêtait, avec une armée de 120000 hommes ,;olillement établie entre Mons el l,l mer, à reprendre la marche en a\'anl. Carnot courut à l'armée, elle était commandée par Jourdrn qui s'était signalé à Hondschoote. Li 16 octobre, à Wallignies, les jeunes soldats de la République culbutèrent la grande armée autrichienne. Cobourg el Clairfayt étaient vai:1cus comme le duc d'York. Les jours de Valmy et de Jemmapes étaient revenus, mais plus purs de tout élément suspect, plus nettement el hardiment révolutionnaires. AValmy, à Jemmapes, qui donc avait vaincu? Etait-ce l'élan de patriotisme el de révolution des soldats? Etait-ce le génie brillant el ambigu de l'aventurier d'ancien régime passé au service de la Révolution? Ici, c'est le génie de la Rérnlulion qui éclate cl triomphe. Carnot, Jourdan, Kléber, ~!arceau, Hoche, tous ces hommes ne sont rien que par la Révolu lion, e~ ils ne comlJallenlque pour elle. Aucune arrière-pensée n'est en eux, aucun dessein ohs.:ur, aucun sous-entendu redoutable. Leur pensée est transparente, Ioule traversée de l'ardente lumière de la Révolution, et c'est son génie qu'ils mellenl en œune, son génie immense el impersonnel, l'élan, la force des ma~ses en mouvement, toute une d~mocralie chargée de puissance électrique el foudroyant l'er>nemi. Sans doute, il y a organisation, pensée, méthode, discipline. El la science p('r,onm•lle, l'hérol,me in lividuel de ceux qui administrent cl qui commandent, e,t un élément nécessaire de la victoire. Mais tout leur art el Ioule leur gloird est de serl'ir la Révolution selon son propre génie. Ah! certes, la tulle n'esl pas finie : la force de la coalilion n'est pa~ ~érieusement entamée, el si la campagne de 1793 se termine pour elle par des checs impré, us, elle en sera quitte pour ouvrir au printemps une campagne nouvelle. La Rél'o)ution est condamnée à un e!Torlinfini. Mais, dès maintenant, elle a démontré au monde que se; premières victoires de 1792 ne rurent pa~ le sourire éphémère de la fortune un moment charmée, el une heureuse surprise. Non, malgré la trahison de Dumouriez, malgré la vaine agitation girondine, malgré une crise d'anarchie gouvernementale aboutissant à la guerre civile, la France révolutionnaire a suscité des énergies innombrables, el elle a refait cette unité de volonté el d'action qui peut fher le destin el organi~er la victoire.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==