Jean Jaurès - La Convention

• IIISTOIRE SOCIALISTE 1071 ces onl arrêl6 un projel dr loi qui doil, non porter le pain au Lauxde5 :'alaires, ce qui esl subvet·sif de tout principe, mais les salaires au tazu des de,1rées, ce qui esl d'exacte justice; cette loi contraindra le propriétaire el IP, cultivateur, pour leur propre inlér6t, à ne poinl porter les denrées à de5 pri\ exces,:;i fs. » c·est donc une échelle moLile desisalaire, que dcnx comités de la Convention avaient Youln établir par la loi, plutôt que de se prêter à la taxation des denrées. Mais commeol adapter sùrement les salaires à la yarialiuu incessante des det1rées? Comment metlre le l'abrica nt, dont peol-èlre le produit n'aura pas haussé de valeur, dans l'obligation de payer à ses ouvriers le salaire proporlionn6 au prix que des manœu\'l'e5 d'accaparement el d'agiotage rlonneronl au~ denrées? De plus, quelle sera la ,au,egardc des humbles citoyens qui ne reçoivenl pas de salaire, drs modestes artisans qui pourront Nre alfam65 soudain par le pri, e,orbilanl de, choses nécc,;,aires à la vie·? Ai11:;sie fermail l'issue par où la Convention cherchaiL it s'évader. D'autres, <:omme Dubois-Craucé, pl'oposaienl d'ét;iblir, dans toute la France, des magasins où l'on ,e11drail le pain iL deu, sous: la nation f,•raiL les frais de la dilférence. C'élail l'extension it tout le pays du régime de sub- ,·enlion pratiqué à Paris. liais quoi! la nation, pour faire face à celle ùél>ense énorme, allait être obligée ct·émeLlre encore de;; as:;ignals, c·esl-àdirr ùe hausser encore le prix <les denrées, sauf le pain. Et suffisait-il donc de donner au peuple le pain hou.marché, si, pour louL le reste, pour la \iande, pour les vêlements, pour Je,; matières première;; de lïuduslrie, il fallail subir des prix effroyables? L1 Convention flottait donc, incertaine, impub- ,anle. Cambon qui, sans doute, {lèsirail tout ba;; le mr,ximum el en pressentait ltls heureux elfets pour le crédit de l'assignat, n'osait pas proclamer que ,a politique économique el financière était au fond celle de Jacques l\ou,. C'esl un mouv<lment du peuple qui emporta toutes les hésitations c toutes les résistances. Le 4 septembre au soir, la Commune lut envahie par une grande foule: c·élaienl des pauvres, des artisans, des prolétaires qui venaient crier qu'ils en avaient assez ùes prix de famine, de la rareté croissante, de la cherté plus dure Lousles joUl's. lis emplissaient la grande salle : ils couvraient la place de lllùlel de Ville. • Quel mauvais pain mtilé d'orge nous mangeon, ! que font nos admini;;- lraleurs? Pourquoi Garein refuse-l-il au peuple l'enlrée des magasins el le conlrôl.l ùes opérations? Est-oe qu'il volerait, lui aussi'? li a délégué, pour les achats de grains de J,oulangerie, des meuniers connus dans toule la région, Lorfèvre meunier à Pontoise, Garreau boulanger à Versailles, Lapareillé boulauger, les fermie.rsles connaissent, el quand ils se présentent pour acheter ils disent: • Ah! ce sont les hommes de Garein : Paris a besoin de pain>. El ils haussent les prix. Quels accapareurs! ?t lous cc:;courtiers onl encore vingt sous

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