Jean Jaurès - La Convention

itliû lllSTOIIlE SOCfALISTg ment. Celle-li, s·cxécate avec rigueur; personne n'ose plus s'en plainùrP; elle a délhré la Ilépublique de toute la dépense équivalente à l'excédent du prix qu'rlle payait au devant de sa consommation : c·est une économie énorme; la Convention nr pouvait prrscrire à l'opinion de p1·end,·eles assignats au 7wir, mais elle a 1·empli le m,Jme but en soumettant à wi tarif invariable la valeur des denrées et des marchandises. Lol'Squ'on est parvenu à forcer les citoyens non seulement de vendre, mais encore de vendre à un prix indépendant de la \'aleur que le papier-monnaie peul prendre au cours de la place, cl que la nature m~me du papier-monnaie doit laisser toujours au-dessous du numéraire, il est fort indifférent que le papier-monnaie ail plus ou moins de crédit. La Convention a donc fait une opération très économique et une opémtion très populail·e, car les sans-culottes consommant et ne possértanl pas, il leur est fort doux d'acheter ce papier à un prix qui lèse exclusivement celui qui vend. • Et encore, celui qui vend n'est-il lés6 que s'il veut acheter sur ur. marché 6tranger, hors de la sphère d'action de la loi du maximum. }Jais lrs Conventionnels avaient-ils pr6vu nettement, avant l'épreuve, cet heureu~ e!feL du maximum? Longtemps; ils hésitèrent. Ce n'est que sous la menace des sections qu'ils avaient vot6 en mai la taxe sur les blés, et la loi de mai n'était appliquée que très mollement. Beaucoup d'entre eux craignaient de faire violence à la loi de la concurrenœ qui, seule, pouvait équilibrer les prix et les vale.urs. Ou bien ils objectaient que si la taxation était réduite à quelques articles, elle ruinait une catégorie de citoyens qui vendraient selon la taxe cl achèteraient selon Je libre cours .:lu marché; si, au contraire, elle s'appliquait à Lous les citoyens, elle enrichissait le capitaliste, le propriétaire oisif, celui qui ayant des assignats en grand nombre, et recPYant en as:;ignats ses rentes, ses loyers, ses fermages, a1•aiL tout bénéfice à voir la valeur de l'as,ignal s'élever, la valeur des marchandises décrottre. l\Ième après le vole du maximum, Saint-Just répétera obstinément que les taxes furent rendues nécessaires •parles circonstances», mais« qu'elles ont doublé le revenu du ricbc ». Comme la Convention était pressée, par les ouvriers, de taxer les denrées pour rétablir l'équilibre entre le prix des marchandises et le salaire du travail, elle songea un moment. selon l'indication donnée par Condorcet luimême el que j'ai citée, it prendre la question par l'autre bout, c·esl-à-dire it instituer par la loi non un maximum des denrées, mais un mi11iuu1m des sala-ires. li est très intéressant de constater que les comités réullis de l'agriculture et des finances avaient préparé en avril 1793 un projet de loi en ce sens. Je ne l'ai pas retrouvé : il serait très curieux d'avoir les proeè:t-verbaux de ces deux commissions à celle date. Belfroy le dit très catégoriquement dans son exposé du 23 avril : • Déjà les Comités réunis d'agriculture el des llnan-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==