1G5l lllSTOIHE SûCIA LlS'l'I~ « Les paull'<'>, les hommes dénués el éloignés des intrigues voient tout pa;ser dernnt eu~ ,;an, qu'on les ail mis à portée ti'allein,lre (i rien. 1\hl comment seraient-ils en élat de foire les avances néce;~airrs, eux qui peuvent ù ,,rirte se procurer un misérable grabat pour y reposer leurs membres harass(,, ·! li est ,rai que, pour les consoler, on leur dÙ qu'ils ont droit à loul, que la loi n'exclut personne des a1ancemcnl, qu'elle olfrc. Oui, ellP n'en exclut per:sonne rornwllerncnl el par le droit; mais, parle fait, la mullilu le s'en trouve néces•airemenl exclue. Que serait-ce si j'en prenais une nou,elle occa-ion rle nw r.\cricr, el sije prouvais que la plupart ùe ces arnncernenls, pour i'lre ouverts à plus de monde, u·en Sùnl pas moius des attentats contre les ùroil, réels de celle Jnême multitude, el qu'ils ne J'onl que multiplier les moyens de l'opprimer? i\luis je ne puis pas lvut dire à la fois.• Quel esl donc le système propo,é par Dolivier? li ,eut que les grand, corps de ferme soient dét1·uils, el que la terre soit ùil·i,ée en autaul ùe petites exploitations rurales qu'il y aura de familles. J'imagine (car son essai n'est qu·u11c esquisse très générale etoù les détails man'iuent souwnt) que des lots ne seraient accordés qu'aux chefs de ramille qui en feraient la demande el qui s'olfriraient à en faire la culture; car ceux qui, étaLlis daus les villes comme artisans cl avec une suffisa:ile aisance ne Vùudraient pas quille1· leur métier ne seraient pas contraints de retourner à la terre. Ils sauraient seulement qu'en cas de besoin, el si un désastre les accable, ib pourront réclamer leur part du • grand commnnal •· C'est une sécurité IJ0Ureux: el la propriété fon~ière esl ainsi une sorte de fonds commun d'as,;urance soci ,Je contre les misères el les accidents de la vie. La peusée de Dolivier serait réali:ée aujourd'hui sous une rorme plus moderne si un fonds d'assurance sociale ayant la valeur de la terre de France (c'est-à-dire une valeur énorme) était consacré à assurer Lous les citoyens contre Lous les ri,ques de la vie, contre l'invalidité el le chômage, el aussi à munir chacun d'eux ù'un petit capilal d'établi,semenl, soil pour qu'il exerce un métier indépeudaot, soit pour qu'en acquérant des- actions dans la grande industrie il participe au progrès continu de la richesse. DoliYier se rrnd bien compte que cette abolition des grandes fermes ne serait I as seulement une révolution sociale, qu'elle serait une révolution agronomique, el il répond que le régime des petites exploitations ne sera pas inrérieur à celui des grandes. Mais commeoJ. faire passer la propriété foncière des mains de ceux qui la dcliennent aujourct·hui à l'ensemble des citoyens? Comment procéder à celle expropriation générale du domaine foncier? Uolivier ne le dil point, el c'e5l là sans doute le point vif de sa pensée. li l'indique, mais il n'y i nsisle pas expressément. Il attendait, pour se découvrir entièrement, d'avoir vu l'effet produit par ses tendances, el il se réservait sans doute d'aller bientôt jusqu·au bout s'il n'était pas arrêté en chemin par un coup de foudre. /
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