1052 IITSTOIRE SOCIA LlS'rn douleur et à la peine! Ne son t-il, pas lou~ les deux également enfants de 1, nature et de la société? Que leur a donc fait celui-ci pour élrè si cruellement di,g,acié, si lol ,lemen t llésh~rité• El que lrur a fait celui-là 1inur en recevoir de si grandes favrurs et pour en Mrc si a1•anlageusement pourvu? • St• peut-il que celle violation criante des premi •r,, de, plus réels droits de l'homme, n'ait encore frappi'• pcr~onne? l\t nou, osons parler de liberté, d'égalité! Q ,el e-t donc le sens que nous altachon; à ces mots-là? Où peul ètre la liberte, q//and le besoin, causl- par 1111 démime111général, ,·end dépM· danl de 10111? et où p•uL être l'égalité, quanti les uns trouvent tout fait pour eux, et le, autres tout à fair~, ou, pour m·e,primer plu, e,actl'menl, 11uand tout est pour les uns el rien pour les au Ires? • ~Tais l'Oici un 1igoureut et admirable réqui,;iloire contre l'hypocri,ie de l'égalité idéale et juridique démentie par l'inégalité de lait : • lis peuvent acquérir, dira 1-on, ils ne sont exclus de rien. La loi nou1elle a IJanni toute acceplion de personnes el a ou1ert à tous indislinclemenl les portes de l'av ,ncemcnl. \'oila donc ce qu'on entend par le mot d'éqalilé? Co:nme on a besoin ù'lllu,i,rn, comme on s'en lais,c imposer par de, noms 1 Ceux qui n'unt rien p,,u,·ent acquérir; mais d'abord pourquoi n'onl-il, l'Ïrn? pourquui 11°!'Stce qu'au pri:-. ùe l'acquisition qu'ils peu1·enl parvenir à qudque cho-e, Lanlis que d'autrrs lrou,eul gratuitement accum.ilé sur leur INe <e que la fortune a pris s ,in d'y placer'! En second lieu, c'est une grande vtirilé ,u'ad t ·J.-J. no is-eau 1ue la première pi-Iole est plu, difficileàgagnerque le second million. lfo effet, tout est avantages pour celui qui peut au delil; mais loul devient dirficulté, ob,lacle pour celui qui est en arrière de ses besoins. Si ceu\ d'uu j ,ur lui laissent quelque chose de reste, ceux du lendemain le lui ab,orbenl, cl souv,•nl mème au delà. • Sans ce,se maîlri,é par les circouslances, il est obli!(é d'en suhir toutes les variations san, po•,voir jamais en prévenir aucune; et tandis qu'il donne à p,·ofitrr sur lui, il nr trouve à profiter sw· µprsumie; c'est lui qui sème, el ce sunl (es rie/tes qui ,·ecuPille111 ; ce so11tceux qui l'emµluient qui l'l'tirenl le bénéfice de sa main-d'œiwre. « .limi, t'e,1 loujours pou,· la /urtune d'autrui qu'il travaille, 11011 pour Ill sie1111r.Cepe11da11t,Cl'srie/tes se cruienl forl néce.,saires au mal!teureux; et lorsqu'ils en occupent un qmnd nombre à leurs terres 011 à leurs ateliers, ils disent m:Pc une ,orle dl' jaclance, qu',ls {0111t•frre beaucoup de monde. ils devraient dire qu'il faul beaucoup de mo1tde pour les faire vivre dans frur op11{P11/ loisir. "On parle quelquerois de la roue de fortune; mais qui ne sait qu'elle ne tourne guère <1uedans la clas,e des gens aisés ou ries intrigants'? C'est presque un prodige qu'un honnMe homme de rien parvienne à se faire un ~ort; il laul pour cela un concours de circonstances qui se rencontrent dirficilemeut; et ùe pareils e,emples ne ~ont que des exceptions à la règle, la masse
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