Jean Jaurès - La Convention

lllSTOlllE SOCIALISTE coali lion 1111p sorte de distraction cl d'incerlilurle trainante. La France se donna il tont enli,'re; elle jetait dans la gue, re pour la lillert6 Ioule ,1 fortune, toul(' son ,l111e.Comme elle méritait de vaincre pour l'h1111r1nité ! So111malionest faite aux généraux de compreni're les Lemps nouveaux. Toute défaite sera une trahison, car toute défaite rév~lrra une sorte de discordance entre le génie du chef rt le génie ùe la llévolulion. Custine, récemment rappel6 à Paris pour s'ex1 liquer, est-il un traitre, dans la rigueur du mol? '.\on, il n'a pas J)!'Ojeléde lhrer ses armées à l'ennemi. li n"., noué aucune inlrie-ue rom me ceiles de Du nouriez. Il désire vaincre. ~lais il sïmagine quïl fait i::ran,I honneur à la lté1olnlinn en commandant ses armée.,. Il n'a ni le feu, 1.i la ,igueur, ni l'auclace nécessaire~. Parloul où il a commanrlé, l'enn,·mi s',•sl emparé des places fortes occupées par les Français. En Allemagne, c't',l le désa~lre de Francfort, c'est la ca1 itulation de ~foyence. Dar.s le '.\ord, c·e,L la chu le de Condé, de Yaknciennes; c·esl partout nn esprit dïH ,italion, d"abandon. Que sa tête lon,be, pour que la sangla11te leçon mette les généraux au pas de la Rérnlulion. Rollespierre 1,re,se le jugement de Custine. Celui-ci e,l condamné à mort le 2ï aoùt: accahlé d'un<! sentence qu'il compren,l à peine, ce n'e,t I as il l'orgueil révoluliornaire, c·esl aux prières du passé quïl demande la force de mou ri,·: il s'agenouille sur les premiers degré, de l"échafaucl, où tant d'autres bientôt, pleins de la llé1olulio•1 qui les frappe, mont•!· ront a1ec une ,orle d'in,olcnce. Voici la tôle de Custine. O généraux! prenez garde! C'est seulement dans la 1ictoire que vous échapperez ù la guillotine! La France, en se mellanl toute entière sous le glai1e, vous a mis sous le couteau. ,\in,i, en ces jours d"aoùl, s'enfle la force rél'olulionnaire, el que pourrail craindre l'océan ainsi soulcl'é jusqu'en ses abime,? ~lais 1oici que deux grands el recloulallles é\'éneme11ts vont, au, premiers jours de septemllre 1î03, chang,•r en une sorte de fureur la passion de colère el d'espérance qui a11imait le peuple exallé el soulTranl. D"allord, c'est la crise des snbsislances qul arrive à son paroxysme. Depuis des mois elle allait s'aggral'anl. A mesure que les att.aques se mullipliaienl, à mesure que la guerre plus étendue exigeait de plus lor,gs co111·ois1!e vivres el rendait plus difllcile à la Fr.m0 e tic s"approl'i,ionner au dehor,, le prix rles dcnr,'es les : lus nécessaires allait crnissant. Comment remédier à celle cherté'? Les théoriciens, les systématiques proro;airnl leurs théories el leurs systèmes. Eux, c'est tout le régime de la propriété terrienne qu'ils l'eulcnl morlifier. Dol,vier et Lange clonuaienl le plein essor à des pr•ns6es d'abord contenue, ou limidemenl exprimées. Dolivier se décide à pulllier son « EssA1suR LA 1~s-r1cE PRllflTIVE pour servir de principe génfrateur au seul urdre social qui pP1tlassure,· à l'homme tous ses droits et tous ses moyens de bonheur. » C'est sans doute vers la fin de juillet iî93 qu'il le Ill paraitre.

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