Jean Jaurès - La Convention

92tl HISTOIRE SctCIALISTE riez, en haine et par peur des ~fontagnarrls, semble a,•oir désiré dès lors qu'il5 ,oient affaiblis par un échec dans le procès du roi, voilà la force ré,,olutionn:ùe de Danton prisonnière de lïntri:,ue. Le voilà lié, avec la Gironde, à un sy,tèmc de modérantisme dont Dumouriez serait prllt à 5errer le nœud. Dumouriez, enivré par ses 1·icloirrs, fali;::ué el irrité du contrôle que pr6tenda!ent exercer sur lui les Comités de la Convention, ernspéré par ,e, conflit, avec Cambon au sujet des fournitures de l'armée, des modes d'achat et de pai,.mrnt, rffray(~ amsi par les allaques de ~larat, qui lui rrprochait une dis,'ipline lrop dure, et dinonçail déjà, au ri~que rie la provoquer, sa lra_ hi,on, Dumouriez cherchait à jouer 11n jeu tout J;••rsonnel et à ,·assurer contre les chances de l'avenir: il pratiquait à l'égar,l des B~lges une politique de mc'n1gémenl,, conservatrice, tout à fait contraire à l'esprit du rlr•cret révolutionnaire du i5 drccmbre. El il songt>ail sans <Ioule rlès lor, il intenenir dans la lutte des parti,, avec le prr,tige de la vktoirt' et !a force de l'armée, si sa sé,'.11rité était mena ·ée, ou ,i son ambition (•lait arr~tée. )1,iis il n'avait ,•ncore il cour, <ùr que dP, drsseins très oh,cnrs el très flollants. El je crois bien qu'il n'rn anil rien laissé r,araitre à Danton. rt que celui-ci ne le soupçonn·iit nnllem ·nt ,"i c,'ltP date. Dumouriez, q1i'llrnl son armée une secon le fois, était arrivé il P 1rb lei" jamier i70:{. Il y rr,ta ju,- qu'au 26. e~plorant le te, ..·ain, i. terrogeanl les hon,mes et If', cho,e-, sollicité entre des intrigues diwr,es. Il ra"onlP dans ses JlémoirP< qu'il ,,,a)-a, 1,ar des combinaisons < 1i-rrt'les el de prudentes irtervenliun-, de -au\'er le roi. La , éraf'.ilé de ce, .lf,'moirPS e,t plus que ms ede. lb ont été écrits quand Dumourie1. était pn-sé à l'ennemi, quand, dét slé el fl,·fri par la France r{·volnlionnaire, il n'avait plu- ct·aulre res,ource que de flaller l,•s ém'grés, le,; nrinces et les pni-sanrr, étrao1sères en leur persuadant qu'il arnil mul!iplié le, ,•!Torts pour le ,alul c!e Louis XVI. Il met même u,,e so,·te de coquetterie un peu lourde et rt'hahileté maladroite il dirr qu'il fut m:iladr. du 18 jan I ier au 22: " Le 18, la santé ,:u "(·1H1ral Dum,,uriez, quoique l1ès rohn-tl', fut vaincue par le rhag1in; la fi'•vrp li' prit el il fut contraint de rester ILla camp~gac d'où il n'est sorti que Ir 22. • C'c;t d'un charlatanisme un P"U µros.•der. Q·1elles propositions Ill-il, ou quels con,iilS donna-l-il aux Girondins? JI l'sl certain qu'il ,it plusieurs d'r•ntre eu,, cl nolammei;tt Gensonné av, c leqn,.J il était lié depuis la fin r]P, i701. ,; Il avait toujours été lié a,ec Grn- <1111111d•,é 1,uté de la Gironde, il lui avait i,ardonné les .tt'marches qu'il avait ailes contre lui l'année précédente, lorsqu'il avait quitté le mi11islère. Il lui av.iit connu jusqu'alor, de l'esprit, un jugement sain et un cœur sen,ilJle; jl avait renoué ses liai:;ons avec lui. JI lui déclara toutes ses craintes sur le sort du roi, Loule l'horreur qu'il ressentait du crime dont on allait souiller la nation: il lui fit sentir qu • cet affreux triomphe des Ja,·obins achè• verait d'écraser le parti des honnôles 1,ens, et de reudre incurable l'anarchie

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