Jean Jaurès - La Convention

iG:?O IIISTO!f\E SOCIALISTE traire, à lrs relenir; el il supplie la Commune de se servir de celle force populaire non pour subordonner, non pour violenlerou menacer la Convention, mais pour la proléger au contraire, pour lui donner la confiance invincible qu'elle communiquera à la France el aux armées. Ainsi, il n'est pas plus le seclaire de la Convention que Je sectaire de la Commune : il ne veut pas plus une coterie de salul public qu'une coterie des bureaux de la guerre. La Convenlion esl le centre légal et national de b force rt de la pensée ré\'oluUonnaires. Quiconque mainlenanl la menace üu l'a!Taiblil ou la discrédite esl un ennemi public, el relai! le crime de la Gironür. f\ob spi,!rre ne veut pas plus d'un fédéralisme parisien que d'un fédérJJi;me départemenlal. Ceu, qui ayant fait le 31 mai pour libérer el unifier la Comention préten lraienl maintenant l'asservir el disperser la Révol~lion, cenx-là déferaient eux-mômes leur œuvre. lis seraient des Girondins à rebours, mais <lesGirondins. Par la Convention loyalement unie à une Commune ardenle, mais respectueuse de la loi, c'est toute la France qui gouverne, qui administre, qui combÛt. Paris est le royer le plus vaste, le plus ardent et le plus proche où la Révolution se réchaulTe: il n'esl pas à lui tout seul 1a Révolution. La démocratie est donc pour !l)be.ipierre à la fois le but et le moyen : le but, puisqu'il lenrl à rendre possible l'application d'une Constitution en qui la démocrat·e s'exprime; le m·)yen, puisque c'est avec toute la force révolutionnaire nationale, coucenlrée, mais non mutilée, qu'il veut accabler l'ennemi. llors de lui, le reste est secte. 0 socialistes, mes compagnons, ne vous scandalisez pas! Si le socialisme était une secte, si sa vicloire devait ètrc une victoire de secte, il devrait porter sur l'histoire un jugemcnl de secte; il devrait donner ,a sym palhie aux petits groupements dont les formules semblent le mieux annoncer les sienne.,, ou à ces factions ardentes qui en poussant presque jusqu'au délire la passion du peuple semblaient rendre intenable le régime que nous voulons abolir. Mais ce n'est p3S d'une exaspération sectaire, c'est Je la puissante et large évolution de la démocratie que le socialisme sortira : et voilà pourquoi, à chacun des moments de la Révolution française je me demande: quelle est la politique qui sert le mieux toute la Révolution, toute la démocratie? Or, c'est maintenant la politique de Robespierre. Babeuf, le communiste Babeuf, votre mallre el le mien, celui qui .a fondé en notre pays, non pas seulement la doctrine socialiste, mais surtout la politique socialiste, avait bien pre-se11ti cela dans sa lettre à Coupé de l'Oise; et voici que quinze moisaproJ la mort de Robespierre, quand Babeuf cherche à étayer son entreprise socit• liste, c'est la politique de Robespierre qui lui apparait comme le seul point d'appui. A Bodson, à ce Cordelier ardent qui assistait aux séances du club dans la tragique ie naine de mars 17114, où l'hébertisme prépara son mouvement

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