llISTOIIlE SOCIALIS'rE 1Gt9 devoir de l'histoire de comprendre toutes les idées, de sympathiser en quelque me,ure avec loules les forces, de démêler tous les germes, de deviner les con ·or lan-c~ssecrè 1es sous l'apparente contrariété. Son devoir c'est de donner à tous les partis, à Lous les indilidus leur juste part de lumière. Ai-je donc desservi Jacques Iloux? Je lui ai fait large mesure de clarté el d"e,pace. El, sans doute, je n'ai poinl diminué Hébert en dégageant son système. Je l'ai haussé au-rte,sus des jurons du père Duchesne. _\[ais on a he1u re.~nrder les é,·énemenls du point de vue de l'bi;toirc. Il est impossiHe ùe dévelo~per ce grand drame sans s'y mêler. On va réveillant les morts, el à prine réveillés, ils vou, imposent la loi de la vie, la loi étroite du choix, de 1.1 préférence, du combat, du parti-pris, rie l'âpre et n(•ccssaire exclusion. A,·ec qui es lu? Avec qui viens-lu comballre el contre qui? ~lichelet a fait une réponse illusoire: « Je siè3erais entre Cambon el CJrnot : je ne serais pas Jacobin, mais iJonlagnard. • G'esl une écbappaloire ... C1m1J0ncl Carnot : l'un organisait les finance,, l'autre organi,ait la guerre. Sur eu, ne pèse aucune re~ponsabilité directe des décisions terribles; cf il e,t commode de s'établir entre eux. ~lais comment Cambon aurait-il pu gourcrner les finance:', comment Carnot aurait-il pu précipiter toul ensemble et discipliner l'élan des armées si des homme, politiques n'avaient assuré, au prix de douloureux elîorls et de responsabilités effroyables, la puissance el l"unité de l'action révolutionnaire? Si grands qu'ils aient été, Cambon el Carnot ont élé des aclminislr.tteurs, non des gouvernants. Ils ont été des effets; Robespierre était une cau;e. Je ne veux pas faire à tous ces combitlants qui m'interpellent une réponrn évasive, hypocrite el pollronne. Je leur dis: Ici, sous ce soleil de juin 93 qni échau!Ie votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, el c'est à côté ùe lui que je vais m'asseoir aux Jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu'il a à ce rnomenlloulc l'ampleur de la Rérolulion. Je suis avec lui I arec que, s'il combat ceux qui veulent rapetisser Paris à une raclion, il a gardé le sens révolutionnaire de Paris. li empêchera l'lttiberlisrne de confisquer l'énergie populaire; mais il ne rompt pas avec cette énergie; il défend le ministre Boucholle, il défend le général Ro,signol, il défend les officiers sortis du peuple; mais il veul qu'ils soient jugés el surveillés de haut par la Ilé1olulion de Prance, non pas par l'insurrection de Paris. li n'a pas peur de Paris, et la preuve, c'est qu'il conseille aux sansculottes parisiens de ne pas s'enrôler en masse pour les frontières, ùe ,e,lel' armés au cœur de Paris pour préserver la capitale de toute surprise contrerél'Olulionnaire. S'il avait eu contre la Commune de mauvais desseins, il aurait rait le vide autour d'elle : il aurait expédié en Vendée ou en Flandre, ou en Rous,illoo, 011 sur les bords du Ri1in, les patriote, véhéments. li s'applique, au con-
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