HISTOIRE SOCIALIS'l'E 1017 quel était le goujat qui arnit fabriqu6 les avortons éclopés, bossus, gangrenés, sortis de son ventre ridé à triple étage. » Mm• Roland es\ à !'Abbaye, tragiquement disputée entre le désir de vi1·re et la peur, si elle vit, d'être vaincue par l'amour qu"elle porte au cœur. Le J>i:reDuchesne régale le peuple d'une fiction plaisante. li assure qu'il est allé voir à !'Abbaye« M'"' Coco • et « sa face plàtrée •· li était dégubô en chef vendéen; oh! comme elle a élé bonne pour lui : « c·est le général de l'armée chrétienne, m'écriai-je; ou, rom me on dit à Paris, le chef des brigands; à ce mol, la citoyenne Coco laisse échapper un gros soupir, elle lance sur moi un regard tendre, lei qu'une chatte amoureuse à un vieux matou qui vient miauler autour d'elle. » Elle lui aYoue que ses amis el elle ne comptent plus que sur la Yen lée et l'Angleterre. Alors le père Duchesne, se démasquant s·oudain, lui cl'Ïe l'injure à pleine gueule : « Oui, foutre, lu l'as dil, vieux sac à contre-révolution. Reconnais 1~ père Duchesne; je l'ai' laissé délller Ion chapelet pour le connallre. Le pot aux roses est découvert; tous tes projets s'en vont à vau-l'eau. :-ion, les Français ne se battront pas pour un crâne pelé comme celui de ton lieu1 cocu el pour une salope édentée de ton espèce. Tous les dcpartemenb vont être débris,olés et dérolandisés. La Constitution s·achèYe, el tous le, ,bons citoyens rnnt s~ réunir à Paris pour jurer de la défendre. Pleure tes crimes, ,·ieille guenon, en attendant que lu les expies sur l'échafanù. fo(llre. • Les crieurs du journal insistaient sous les fcn6lres de !'Abbaye, vociférant le titre et ajoutant eux-m~mes de leur fonds el de leur verve aux joyeu, propos ùu maitre. De son cachot, ~Jm, Roland entendait, et elle l'a noté danses ,llémoires. c·ctail une force pour Hébert de pouvoir écrire ces chose,. Cc blond jeune homme aux yeux bleus, au fade 1isage sans àme, pournit aller haut. Sa tactique ,·a être simple : il s'applique à discréditer Danton que ses relations avec Dumouriez et son hésilation ont diminué. li s'applique à dépasser Robespierre. Tout cc que perdront d'autorité les chers de la Rél'olution, la Convention et le Comité de salut public, la Commune le gagnera : elle est déjà forl_ç.par le minislè_re de la gnerre. Là, avec les six cents employés en ùonnet rouge qui sont déroué; à la faction e,lrème des Cordeliers, elle a comme une forteresse. Les officiers noùles él'eilleul tous les jours plus de mé0ance : qu'on les remplace Lous. c·est le ministère de la guerre dominé par la Commune, c'est donc la Commune elle-mèma qui nommera à tous les emplois dans l'armée, et qui tiendra l'armée de la Révolulion.11 ne faut pas que le Comité de Salut public, où dominent aujourd'hui Danton et Barère, où bientôt dominera Roùespierre, prétende subsli-
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