Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTE 1;;01 Pour l'organisation du pouvoir législatir el e,écutir, il n'y avait aucune raclion, si modérée rat-elle, qui osât proposer ou le r·arlage du corp, lé~islalir en deux Chambres, ou la concentration du pou,oir ex(•culifen un seul homme, prési,lenl ou st 1thouder. Le mode adopté par la C ,nslilulion de 1703 conciliait, pour l'exécutif, le principe de l'élection populaire, la nécessilo du contrôle législalir et le besoin d'un pou,·oir vigoureux et agissant. La Con,lilution do li03 répondait biPn aux rondilions ,itales de la Ré,·olulion, à la ré.ililé politique el sociale de la France 11011\'ellc.Toul r(' <1ui s'rloigne d'elle, dans les co~slilulions plus modernes, e,t, ou une concc,,ion à l'esprit de défiance conservatrice et de privili'ge, ou un reste des hahitudes monarchiques. Elle est le type de la démocratie rrançaise; en s'y rallianl, Robespierre r~ser,ail tout l'nenir, toutes les po--ibilités du dé,eloJ>)leme11l social. Gl il saul'ail le présent. Sïl n'a 1,a, iu,i,té, sïl n·a pas lutté pour les f,,rmules I lus har,li•·· (111 moins :d'apparence) qu'il avait proposées en aHil, cc n'est pas qu'il-•· ,oil renié lui-môme. Ce n'est pas que, rapproché du pou,oir par l,1chult• de la Girondr, il ail cherché, dans un intérêt cramhilion, à ramener à lui le, cla•s,•s possédantes et l'oligarchie des richesses. li scnl bien, aprè, le :Il mai comme arnnt, que le peuple des arli,ans, des manouvrier.•, reste, d,,ns la lourmrntc, la rcssourr.e la plus •Ore, la sauvegarde nécessaire de la nc,olution menacée au dehors el au dedans. Qu'on li-e une note écrite de sa main et qui a ét6 lrou,ée dans ,es papiers. celJ,, qui se ripporle évidemment à la période gui suil le 31 mai el le :? ;uin. Plat,•menl, )J. D.rnban n'y voil que je ne sais quelle ébauche ùe disrour;, des notes de rhcleur obsédé par la vanité de la parole. C'esl, au contraire, la confülrncc nette el proronde de la pensée à la pensée; c'esl l'angoisse de J'es,.ril s'interrogeant lui- mOme el interrogeant l'abime ; c·c;t aus•i. après la médilalion cruelle, la conclusion pratique ot juste de l'homme d'État: • Il raut une volonté une. • Il 'aul qu'elle soit r~publicaine ou royaliste. • Pour qu'elle soit républicaine, il raut des ministres républicain~, des papiers républicains, des députés républicains, un gouvernement ré;,ublicain. • L~ guerre étrangère est une maladie mortelle, tandis que le corp, polili•Jue e,t mahde de la Révolulion el de la division des volontés. • Les dm1gers inlirieurs viennent des bourgeois; pour vai11creles bourgeois, il faut rallier le peuple. Toul était disposé pour mettre le peup 'c ,ous le joug des bourgeois el faire plrir les dtfenseurs de la Rt 1 publique S11r l'échafaud. Ils onl triomphé d Marseille, à Bordeaux, à Lyo11; ils auraient lriom1 hé d Paris sam l'imurrection actuelle. Il faut que l'i11s11rrectio11act11tllt continue jusqu'd ce que les memre, 11éce.,sait·espour sa1,ver la Répttbligw aient "' prise,. li faut gue lt peuple s'allie à la Convention et que

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