HISTOIRE SOCIALISTE so1.iever des conlro1erses qui arrêteraient sa marche, ni éveiller des inquic'ludes qui serviraient 1>e11l• Oire la contre-r6volulion. Le conlrc•pvids nu~ abus possibles de 1a propriclé n·rsl pas dans les mols ou les formules; il ~era dans la force même clu peuple exerçant son droit vl~ourcusemcnt. Aussi. la Con,lilulion de 1ï03 marque bien (ce qu·avail négligé complètement le projet )l'irondiu) <1uelrs elîortg politiques des hommes ont un but ,ochl. Elle proclame, dès l'article premier des Droits de l'Homme, en une formule qui fil ~ans dOHtola joie de Babeuf, que« le but de la société e-L Ir bonheur commun •· Elle empnl'1Le, d1ns rarlicle 0, la définition de la liberté na<:u~re propo;ée p1r R~he•pierrc : « La liberté esl le pouvoir qui appartient à l'homme de raire toul ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui; elle a pour principe, la uature; pour règle, la justice; pour sauv,,;:;arJ e, la loi; rn limite morale est dan~ celle maxime: Ne (ai.~prt.1 à w1 aut,·~ ce qu~ tu ne t·~ur pas qu'il te soit fait. • Elle reproduit rarlicle de Saint.;ust sur les rapports des salariés au~ maitre~ : « Toul homme peul en;,,iger ses ~~l'i if-<',, s'>n temps; m.tis il ne peut se wn,lre ou Nre vcn lu. Sa per•onne n·e-l p·ts une propriété aliénal)lc. L~ loi rn· rrconnall 1ioinl cle dom 'sticilé; il ne peul exister qu'un engagement Ile soins el de rcconnaissancP- entre l"homme qui lra ,·aille el celui qui l'emploie.• F.lleconsarre le droit à la 1ie el le droil au tra1•~il. d1ns les termes su<:- gérés par nohespierre : « Lrs secours publics sont une dette sacréP. La société doit la sul)si•tance aux citoyens malheureux, soil en leur procurant du travail, soil en assurant les moyens d'e,ister à reux qui sonl hors <l'étal de trarailler. » llai:; la famcu-e formule sur • la porlion de hiens garantie par la loi » ne reparait point : ~t la Dédantion des Droits du 2i juin repro,luil ,ur la propriété lt lranquilli• sante formule de la Déclaration gironcli11e (al'l. 10) : • Le droil de propriété esl celui qui appartient à tout cito)'en de jouir et de ùi,pnser à son gré de son bien, de ses revenus, du fruit de son travail el de son industrie » (le capital, la rente, le bénéfice). Bien mieu~. la IJéclaration, au lieu d'exempter, comme le faisait le projet de Rol)e:;pierre, le minimum néce,s1ire à l'existence de tout impôt, consacre expressément l'obligation pour tous les citoyens, même les plus pauvres, de concourir aux charges publiques : • Nul citoyen, dit l"article 101, n'est dispensé de l'honorable obligation de concourir aux charge, pulJliques. • ~on seulement nobespierre ne lutta pas pour faire adoplerses formules; non seulement il ne fit aucun e[ort pour imposer sa définition de la propriété, mais, au sujet de l'impôt, il déclara, non sans noblesse, que la ré0 ·xion avait modifié ses vues, que dispenser un citoyen de tout Impôt, c'était en raire une sorte de citoyen passif, et que la dignité morale el le crédit po-
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