Jean Jaurès - La Convention

HISTOJnE SOCIALISTE t~,83 a déjà produit de son sein a,sez d'idée,, el son front a été visil6 d'a,sez beaux rêves qui laissent une flamme à son regard. Ce n'est pa~ de har• diesse intellecluelle qu'elle a be,;oin maintenant : c·c ,l d'organi-ation. c'est d'audace réglée, c'est de métbo le el de vigueur dans l'arlion. Si on ne s'allachail qu'aux manifestation, de l'idée, il semblerait que l'avènement de la sou1erainelé montagnarde rnarque non un 1r,,grè s, mais un flc'chi«emenl. Condorcet n'est pas frappé encore; mais il se scnl su~pPrt et l'ahrn•lon que rail la Convention, dè, les premiers jours, du pla n de cnn~titutron oil il avait t•~istoute la force et tout l'ori:ueil de son e,pril , le décourage et le rebute; il n'a plus aucune influence au Comité de l'in,tr uction publique : c'e:;l Siéyès, mainlenanl, c'est Daunou, ce sont d'ancien, p rNr,•s ou oratoriens qui y domin~nt; el, comme ~I. Guillaume l'a rnontrô dans •a publication magistrale des procès verbaux du Comité de l'ln,truclion publique, il:; ahaissent le magnifique progr.,mme d'éducation c onçu par le philoso?hP de l'EncycloµMie. Ils veulent que l'É·at ne s'occupe que de lïn,lruction élémentaire; el ils abandonnent à la l ibre concurrence (peutètre aux anciennes congrégations enseignanlP, ,uh 0 i•tanl mal(\'ré une apparente di~persion), tout le haut cl moren enseignement . C'e,l humilier l'i,lèal révolutionuaire. Mais celle humiliation n'est que pass agère, el le xv111• siècle retrouvera son niveau que la platitude ou la t-ournob erie cccli:t-ia,tique., ravalent un moment. En ces premiers jours, la pen,êe de la Montagne viclo• rieu-c el menacée était ailleurs et l'obscure intrigue déprimante de Sié)è, 1ou,ail s'exercer. Il semble de même que, dans le préambule de la Con,ti tution que la ~lonlagne vote en quelque, jours el qu'elle e,t en étal d e prèsentet· au pcu11le dès le 24 juin, se marque 1111 OêchhsPmenl de la pensée rérntutionnaire. Le projet de Condorcet, fi<lêle à l'esprit encyclopétl ique en ce qu'il a de plu:; libre el de plus net, ne faisail appel qu'à la raison de l'homme, cl ne 1irévoyait pas d'autre garantie. c·e~l • en pré,ence de l'f:tre suprême • que la :-.1ontagne proclame les Druits de l'llornme. Youl,1il-elle affirmer le déisme de la plu part de ses membre,? Voulait-elle surtout ra~surer les peuples encore imp régnés de la tradition chrétienne et, sans s'incliner devant la super-tilion de s prêtre,, mellr~ Dieu du cOté ùe la Révolution? Elle voulait circonscrire la Vendée. prévenir la pro• pa!(alion lune~le du !Jnalisme religieux. Surtout, elle se hâtait d'olTrir à la France une Con-litulion. Les croyants auraient réclamé si le nom de Dieu, qui O~urail dans la Conslilulion de 1701, avait été elTacé de celle de 17()3; les athées ne se scandalisaient pas trop de • rf:tre supr~me •• le plus court était donc d'inscrire sur la Con<tilulion ce vague p•eudonyme de Dieu. De m~me,la Montagne revl•e le projet de Constitution girondine, pour le almpllOer, pour l'alléger, pour rendre plus rapide et plus efficace le mé-

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