Jean Jaurès - La Convention

H1S1'0InE SOCIALISTE et la hache; flétrissez par l'infamie l'exercice de tous les métiers utiles; déshonorez les arts el surtout l'agrioulture; que les hommes auxquels vous aurPz accordé le Litre de citoyens ne payent plus dïmpôts ; que d'autres hommes auxquels vous refuserez ce titre, soient tributairrs et fournissent à vos dépenses; ayez des étrangers pour faire votre commerce, des ilotes pour culliver vos terres, et !'ailes dépendre votre subsistance de vos esclaves ... • Il est vrai que de nouvelles lois qui établissent l'égalité entre les citoyens conEacrent l'inégalité des hommes ... Il est vrai que les institutions de Lycurgue qui prouvent son génie en ce qu'il n'entreprit de les fonder que sur un territoire de très médiocre étendue, et pour un si petit nombre de citoyens que le plus fort recense ment ne le porte pas au delà de dix mille, prouveraient la folie do législateur qui voudrait les f.:ire adopter à vingtquatre millions d'hommes; il est vrai qu'un partage des terres el le nivellement des fortunes sont aussi impossi!Jles en France que la destruction des arts et de lïndustrie dont la cullure el l'exercice tiennent au génie actif que ses halJilanls ont reçu de la nature; il est nai que l'entreprise seule d'une pareille révolution exciterait un soulèvement gtin-éral; que la guerre civile parcourrait toutes les parties de la République; que tous nos moyens de défense contre d'insolents étrangers seraient-bientôt évanouis; que la plus terrible des niveleuses, la mort, plan'erail sur les ,·illes et les campagnes. Je conçois que la ligue des tyrans puisse nous faire proposer, au moins indirectement par les agents qu'elle soudoie, un srstème d'où résulte rail pour tous los Français la seule égalité du désespoir et des tombeaux, et la destruction totale de la République. » Pas plus que la République française ne peut être niveleuse et spartiate, elle ne peut être conquérante. Elle ne peul êt10 non plus exclusivement agricole el commerçante, car« comment un pareil peuple pourrait-il exister, environné de nations presque toujours en guerre et gouvernées par des tyrans qui ne connaissent d'autre droit que la force?• Non, l'organisation de la HépulJl!que française doit répondre à des nécessités diverses et aux particularités du génie national : elle doit èlre complexe, souple et animée comme la vie moderne de la France. « Le législateur serait insensé qui dirait aux Français : « Vous avez des « plaines fertiles, ne semez pas de graines; des vignes excellentes, ne faites • pas de vin. Yotre terre, par l'abondance de ses productions et la variété de « ses fruits, peut fournir el aux besoins el aux délices de la vie, gardez-vous • de la culliver.Vous avez des fleuves sur lesquels vos départements peuvent « lransporler leurs productions diverses et par d'heureux échanges établir • dans toute la République l'équilibre des jouissances, gardez-vous de navi- • guer. Yous êtes nés industrieux, gardez-vous d'avoir des manufactures. • L'Océan et la ?ifoditerranée vous prêtent leurs 0ol.Spour établir une oom-

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