1530 IIISTOIRE SOCIALI TE fages sont appelées sur ces grands objet~, dignes de fi\er l'attention de tous les pays el de tous les siècles. La philosophie a été dirigée vers son véritable but, l'élude de l'homme el des rapports qui l'unissent à ses semblables. Déjh, ses droits méconnus ou méprisés chez presque tous les peuples onl été solen• nellement proclamés par les législaleurs d'un grand empire. La politique a parlé une fols le langage de la justice cl de la vérité. La voix de l'ambilion cl de l'intérêt n'a pu étouffer celle de la nature, et les représentants d'une nation qu'on croyait énervée par le luxe el dégradée par le despotisme, ont donné à tous les peuples de la terre rc~cmple el la leçon du courage. • Parmi les vérités incontestables qua renferme la Déclaration des Droits ou la réhalJilitation de la dignité de l'homme, il en est une cependant dont le sens n'est peul-être pas assez développé, ou dont le public ne parall pas arnir saisi la véritable interprétation. La Déclaration porte article 11 : • Le • bul de Loule association politique est la conserrntion des droit, naturel, el • imprescriptibles de l'homme: ces droits sont la liberté, la p1·opriété, la sù- • rèlé et la résistance à l'oppre,sion. • • Si l'Assemblée nationale a voulu, par cet article, faire entendre que • dans luule associa/ion politique chaque individu doit ai·oir une propriéli garantie par la loi, el que tous ayant les mêmes droits à la terre commune quïls h'lbilenl el qui les nourrit, celle propriélé doil élre la même pour chacun d'eux, elle a aueint le seul but que doive se proposer 1111 lé9islateur, cel11ide rendre 1011sles !tommes he11re11x,elle a accompli le clte(-d"œ1wre de la poliliq11e, elle a établi le go11vememen1 te plus par/ail q11i,oil dans l 'unit·Prs, • Si, au con/l'aire, elle av•it prélendu décla,·er que la loi prend so11ssa saut'e(Jarde le propriétaire acluel el /11i 9aran1i1 la jouissance des biens qu'il occupe, c·est-à di1'equ'un seul !tomme co111im1erade posséder pour so11l11xe el pour ses plaisirs ce qui suffirait à la subsislance de vingt familles, el qu'11nepoignée de gens regor9era de superfl11ilés, tandis qtte la mullitude manquera du 11écessaire,au lieu de manifester les droits de l'homme, elle n'aurait (ail qu'ajouter mi no1wel ou/rage aux 011lra9essans nombre donl on a partout accabli' l'espèce humaine, elle aurai/ consacré les usurpaliollS ~, les tyrannies des ,·icltes, elle aurait /ail un droit de la force et mis au nombre des lois la plus a11ciem1emais la plus barbare des inj11sliceJ. Bien loi11de recueillir les bénédictions du peuple, elle ne mériterait que ses imprécations el sa vengeance, les 9énfra1ions futures don/ elle élail libre d'assurer le bonlteur. el qu'elle aurait volontairement condamnées au mépris et à l'indigence, pourmivraie11t d'dge e11dge sa mémoire et la déllonceraienl à l'exécration des siècles. • Si, ce qu'il n'est pas permis de croire, celle dernière inlerprélation de l'article des droits de la propriété était vérilablc, si le plus cruel des abus qui affligent nos sociétés se trouvait consacré par une loi authentique el solen-
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