Jean Jaurès - La Convention

IIISTOII\E SOCIALISTE essentiel el iudi,pensablc du vérilable ordre moral el d~ l'éJucation sociale des hommes dans la connaissance, la pratique, l'amour el l'habilude des prin• cipes et des moyens de se rcnrlrc et de se conserver heureu, les uns par les autres. « Die mihi, vere Deus, quéiBsit sapientia reaum, (( Prave impostoru.m,non tua jussa, sequi? » • Yrai Oieu, dis-moi quelle est la sagesse des rois, « De préférer l'imposture à tes lois? » Préface bénigne qui couvrait le livre le plus• subversif». ~Jais voici que pendant qu'on l'imprime tonne le canon de la Bastille, Boissel accourt pour ainsi dire au, événements; et c'est à la \iberté toute jeune qu'il propose son plan communiste : • Cel OUI rage a été livré à l'impression deux mois avant la miraculeuse et à jamais mémorable journée de l'enlèvement de la Bastille. Puissances dn ciel qui venez d'affranchir pour jamais la nation française du plus honteu, e,cla,age et des persécutions infernales des monstres de l'humanité, des tyrans, achevez votre ouvrage; que le triomphe pour sa liberté ne soit pàs séparé du triomphe de la 1éritable lumière, sans laquelle l'homme ne saurait en faire usage que pour son malheur. • 13oissclprétendait ùonc animer le pic qui venait de faire brèche à la Blslille, à renverser toutes les idoles sociales, la religion, la famille, la propriété. ~lais si, dans le tumulle des événements, le livre de Boi:;sel ne passa p1s i1.aperçu, la cour ne dut pas s'en émouvoir, c1r il pouvait constituer une ùi\cr.:ion ou un épouvantail. Et la bourg.ioisie, avec sa girdc nationale conservatrice de la propriété, ne s'inquièla guère sans doute de ce qui n'était encore à ses yeux qu'une boutade. C'est pourtant lï,1dice que le communisme veut sortir de la phase romanesque et platonique pour entrer dans la réalité, l ourse mêler à ses batailles. La pensée socialiste, latente en plusieurs e,prits, s'éveille au mouvement de la Révolution; el ceux qui désirent une répartition nouvelle des richesses, une forme nou ,elle de la propriété, essaient de tirer à eux la formule révolutionnaire. Ils donnent à la 06claration des Droits de l'llom1ne une interprétation singulièrement inquiétante pour la bourgeoisie. Gabriel Deville me signale un livre intitulé : De la propriélé ou la cause du pauvre plaidée au tribunal de la Raison, de la Juslice et de la Vérit,J. Il a, comme é;,igraphe, un verset du psalmiste : ·• Non in finem oblivio erit paupPris; patientia pauperwn non pe1·ibit in œternum. (Psalm. 9 ) Le pauvre ne ,era pas éternellement omis; sa longue patience aura en On un terme. » Or, ce livre, écrit à la fin ùe 1î89 comme l'indique une noie, el publié seulement en 1791 « à Paris, rue Jacob, vis-à-vis celle Saint-Deaolt, faubourg Saint-Gern ain, n• 29 •, met à profit l'action révoluüonoaire qui s'est développée dans l'intervalle, et il place ses revendications d'égalité sociale sous l'autorité dea

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