1532 HISTOIRE SOCIALISTE cation publique à la ~partiale. Qu"importe même que Morelly élève toute une construction communiste au milieu du xvm• siècle? On cherche en vain à quel fondement réel elle pourrait s'appuyer, et elle ne menace même pas de son ombre les intérêts des privilégiés et de la monarchie. Les paradoxes de Rousseau sont impuissants; lui-même les désavoue par son pessimisme; car sïl est triste, c'est précisément de l'impossibilité de r6tablir l'égalité primitive. Helvétius, drlolbach combattent surtout, comme l'a montré Plekanof, la prédominance de la propriété foncière; ils saluent comme un progrès immense l'avènement de l'industrie, et, par là, ils sont bien dans le sens de la Révolution; ils se laissent entrainer à prévoir quelle sera dans celle croissance de l'industrie le sort du prolétaire, ils stipulent pour lui certaines garanties, et Helvétius, par exemple, formulant « la journée de huit heures•, écrit ces paroles : « La plupart des empirrs ne d'bivent donc être peuplés que d'infortuné,. Que faire pour y rappeler le blnheur? Diminuer la richesse des uns, augmrnter celle des autres; mettre le pauvre en 1111 tel étal d'aisance qu'il puissP, par w1 t,·avail de sept ou !mil heures, vourvoir abondamment à ses besnins et à ceux de sa /ami/fr •· Mais cer, Yœux à longue échéance n'ébranlent pas l'ordre social rt n'inquiètent pas les pui~,ances établies. Même dans la période qui précède immédiatemP.nl la !\évolution, même quand les revendications communistes prennent un accent de réalité immédiat, elles sont comme perdues dans un immense effort de transformation qui s'applique à dr.s objets plus prochains. Oui, Sylvain Maréchal pouvait sans péril, en 1î88, écrire ceci dans ses Apologues modernes à l'usage d',m dauphin : « Le chaos qui, dit-on, précéda la créaLion n'était rien sans doute en comparaison de celui qui règne sur la surface de ce mor.de créé; et !"enfer dont on me menaçait après ma mort ne peul être pire que la vie qu'on mène dans une société dont les injividus sont tous libres et égaux, et où cependant les trois quarts sont esclaves et le reste est maitre. » li pouvait ajouter : « ün jour, les travailleurs poussé, à bout par la dureté des riches, refuseront de continuer à les servir et répondront à leurs menaces : • Nous « sommes trois contre un. Notre intention est de rétablir pour toujours les • choses sur leur ancien pied, sur l'état primitif, c'est-à-dire sur la plus par- • faite et la plus légitime égalité. Mettons la terre en commun entre tou~ ses « habitants. Que s'il se trouve quelqu'un parmi nous qui ait deux bouches • et quatre bras, il est trop juste, assignons-lui une double portion. Mais, si ' • nous sommes tous faits ~ur le même patron, partageons le gâteau égalernenl. i • Mais, en ml\me temps, mettons tous la main à la pâte. Que tous les hommes, J • d'un bout de l'univers à l'autre, se donnent la main, en ne rormaolplus « qu'une chaine d'anneaux semblables, et crions d'une voix unanime : « Vi- " vent la liberté et l'égalité 1Vivent la paix el l'innocence ! •
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