:1--,' .,_, JIISTOIRE SOCIALISTE la H6publique française. LPs t!frani de l'Europe ont allum~ la guerre; les as<eml,/h•s primaires de l"Europe proclameront la pai.c. » De celle paix éternelle et proche, Clootz est si sûr, il est si convaincu que !"Europe lout au moins ne formera bientôt qu·un Etat libre, qu'il demande à la France révolutionnaire et libératrice de se d6pouiller d'avance de la parlicularil6 nationale du nom de France pour que la réunion des autres Etats ne ressemble pas à une annexion ... 1,st-ce par un reste de' patriotisme germanique quïl propo-e le nom de Germain? Est-cc pour ménager l'amourpropre a·un peuple qui aura reçu clc la !?rance la Révolution toute faite? Ou hien le sens mystique du mot Germain (g ermani, les frères) décide-l-il Cloolz? JI se risque à une motion hardie, mais donl nous ne pouvons avoir, nous Français d'aujourd'hui, le vrai sens que si nous oublions les défaites récentes de notre pay,, pour ne nous rappeler que l'éblouissement de gloire nationale el révolutionnaire qui, en avril 1703, donnait à l'abandon d'un nom victorieux je ne sais quoi de généreusemrnl fraternel. « Appartenir à la France, c'est s'appartenir à soi-m~me ... )lais pour effacer tous les lll"éle\les el Lous les malentendus, el pour ôter aux tyrans, nos ennemis, une arme perfide, je demande la suppression du nom de Français, /t l"instar de ceux de B011rgitigno1H, de Normands, de Gascons. Tous les hommes voudront appartenir à la République univcr;elle; mais touS' les peuples ne voudront pas /ltre Français. La pr6venlion de l'Angleterre, de I"E,pagne, de l'Allemagne ressemble à celle du Languedoc, de l'Artois, de Bretagne qui substituèrent à leur d6nominalio n particulière celle de la France; mais aucune de nos provinces n'aurait consenti à porter le nom <l'une province voisine. Nous sommes les dt'claraleurs des droits de l'homme, nous avons renoncé implicitement à l"éliquelle de l'ancienne Gaulr pour France. Une renonciation formelle nous couvrira de gloire en avançant cl"un siècle les bénéfices de la République universelle. JI serait très ~age cl très politique de prendre un nom qui nous concilierait une 1·aslecontrée voisine, el comme notre association est une véritable union fraternelle, le nom de Gemwins nous conviendrait parfaitement. » Mais quel est le régime social donl Cloolz prévoit le triomphe dans la ,:trande nation humaine? J"ai déjà montré comment, dans l'agitation qui ~uil'il le Dix-Août, Ctootz combattit« la loi agraire», entendue par lui comme le pirla!;e de toutes les fortunes mobilières et immobilières. Ce ms de grands banquier:, répugnait à ce morcellement, non par égoïsme de riche, mais parce quïl lui paraissait que celle division extrême de la riche,se el du sol enracinerait chaque individu dans sa Cùndilion médiocre, el immobiliserait Je monde humain. Seuls les grands capitaux pouvaient,' par leur mouvement continu à travers toutes les frontières, par leur va-el-vient.à travers les nations el les races, lisser la trame économique de la future unité humaine.
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