Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIHE SOCIALISTF. isolés sur la terre pourront se croire souverains; m:1isau moment du contact, au premier ,ignal des Droits de l'Jlumme, il n'y a plus qu'une volonté absolue dans le monde ... Détrônons les fractions socialP,. « ~lon avrrsion pour le morcellement du rnonrle provient d'un problèmP ctonl la solution m'appartient. Je me suis demandé pourqufJi les Italiens de Gènes el de Yenise s·armaienl et se battaient pour la moindre altercation, pendant que les Français de :llarseillc el de Bordeaux accommodaient leurs différends par une simple procédure. :s·esl-il pas éYidenl que lïg-norance de la volonté universelle est la cause immédiate de toutes les guerres? Deu, familles indépendantes de la loi commune en viendront néce;;sairement aux mains pour la lisière d'un champ, le lit d'un ruisseau, la plantation d'un arbre, la construction d'un mor. Chacun étant juge el partie, il faut se battre à outrance malgré le, inclinations les plus pacifiques. Le dr0it du plus fort, le droit de conquête, les commotions hostiles sonl les conséquences funestes de l'oubli des Droits de l' llomme. • ... Unr opinion trop généralement répandue en !'rance, c'est de placer de petites républiques entre nous et les tyrans, pour éviter les horreur, de la guerre. Cette opinion lient aux vieilles idoes arislocraliques de l'influence et de la protection; c'est-à-dire que nous permellrons à ces républiques de faire tout ce qu'il nous c0nvie11l; malheur à elles si leur industrie contrarie la nôtre: nous serons jaloux de leur commerce, de /.cors manufactures, de leurs pêcheries. • :Sos barrières les cerneront, la contrr•bande provoquera des rixes, nous aurons de part et d'autre des commis, des soldats, des citadelle,, de, ramp,, des garnisons, des escadres. ~lais, dil'a- t-on, nos voisins libres auront pour nous un amour inaltérable: ils e~crceronl lucrativement leur i11du,tric, en se reposant, pour leur défense, wr nos armes el nos forteres,cs et nos trésors. C'est-à-dire que leur indn,Lrie tuera la nôlre, Câr la main-d'œune ne sera pas chère dans un pays dont la dépense publique retombera en grande partie sur nous. Il faudrn donc recourir au système prohibitif à moin, de faire payer un tribut direct à nos chers el aimés rnisins; or, un peuple tributaire n'est pas lihre. Il est donc démontré que ces républiques seraie11t moins libres que nos départements. El notre bonheur matériel en souffrirait d'autant plus que les tyrans, les aristocrates se mêleraient de nos querelles, en a1)puya11tc, omme de raison, le plus faible contre le plus fort. Lr commercr est I a 1,rincii,ale cause des dissensions lmmaines; or, les républiques <ont plus comme,.ça11/esque les royaumes. N'ayons pas de voisins si nous ne mulons pa5 avoir d'ennemis. Enucmi el voisin sont termes synoni mes dan:; les langues anciennes. Un peuple est aristocrate à l'égard d'un autre peuple: les peuples sont néce:,;;airemenl méchants, le genre humain c:;l c,scnliellemenl bon, carson égoïsme despotique n'est en opposition avec aucun ègoisme étranger. La ·répuWiquedu genre humain n'aura jamais dispute avec per-

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