Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTE 1~11 1703, organhe surtout le rollectivisme de la production. En soi, la question dP l'héritage lui par,1lt secondaire, et elle l'e,t en etrt'l le jour où tous les moyens de production con,tilueat le patrimoin<• permanent, l'héritage indivhible et indé(eclible l]p tous les producteur,. :.his quand le marxisme consent à cher,·her le moyen de tran,ition et d'application, quaod il se demande comment la 1>ropriétècapitaliste ,cra transformée en propriété ,ociile, il est amené à prél'oir (avec Yanit,,n·Plde, aHc Kaut,ky, par exemple) qu'il sera sage d'indemniser les clétentl't1r, actu,•ls, et 11uPc·e-l un impôt I ii.:oureusement pro!::res•if ,nr l'héritage qui fournira les fonds de celte indemnité. Qu'est-ce autre chose que demander il l'héritage nalionAlisé ou, comme disait Billaud-Varenne,, à h succession nationale, le moyen ùe fournir i, tous lt'S lravaille~rs leur in,trumrnt ùe travail? L' seule différence, et elle est dP forme plu, qur de fond, c'est que Dill:lu 1-Yarennes renwltait cet instrument à titre intlividul'I el qtH' le manisme nolulionni-le de Vandervelde eL de KauL,ky le remet à l'en,emble des lra1•,,illeur, ,ous forme collective. Les pensées d' ùn homme comme Billauù- \'arennes et des dém,\crales rt'• ,·olulionnairrs cxtrèmes qui n'allaient pa, ju-qu',111communi,mr mai, qui en ouvraient les accès, rorment une sorte cle trésor ambigu où prnvrnt pui;cr é;:alement les vrais radicaux et le, socialisle5. C'ç,t par ces communiralions historiques et juridiques, c·est par ces galeries d~nt la fi~l'olution est 1,, nœud que le radicali-me e,trême cl le ;;ocialisme p•uvent parfoi, se rejoindre. Il y auraiL témérité à s'c,agérer la valeur de cette tradition à demi commune. li y aurait au,si un vrai gaspillage cle force historique à la méconnaitre. è\olt•z bien que la pPn,éc de Billaucl-\'arpnnes dépasse sensiblement le niveau llc la pensée révolutionnaire en 1;0:l. Lor,que je recueille les idées les plu, hardies de la démocratie de 1703, lorsque je rapproche en une sorlt• de lahlcau le communisme de l'éducation de Lepelletier, le communisme de, subsistances d'Harmand, le communisme de l'hèri tage de Billaud-Yarennes, je m·e,poserais it éblouir le lecteur si je ne lui rappelais san, ces,e que je groupe les formules extrême5. :\lais si ces hommr, étaient, en quelque façon, des isolés, s'ils allaient un peu au delà de leur temps, ils n'étaient pas des excentriques. lRJ>elletier, je l'ai dit, réussit presque, par nobespicrre, à imposer son système à la Convention. La doctrine d'llarmand prit corps dans la législation du ma.:ci11111m. Et Billaud-Varennes ex~rça sur les Jacobins, sur la Convention, sur le Comité de salut pt1blic une action si profonde qu'assurément ses conceptions sociales n'a,•aient pas créé une sorte de divorce entre la fiévoJution et lui. Toutes ces idées ne !!Onlpas des semences égarées, jetées au hasard des vents par la fantaisie pas11agi>rede la Révolution surexcitée : ce sont des germes qui lentement ml\rlrnnt et évolueront en Cormes parrois imprévues

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