1508 lllSTOIRE SOGIALIS'l'K par la loi, dans ce cas le ma,imum sera de vingt-cinq mille livres, et le surplus restant après chaque portion des enfants prélevée, rentrera dans la musse de la succession nationale. Enfin, à l'égard du citoyen qui mourra sans avoir d'enfant,, tous ses biens seront dé\'olus aux héritiers de lu patrie. De celle manière, loin d'enchainer l'émulation el racli vité, elles se trouvenl aiguisées, • De la sorte, un certain niveau d'égalité s'établira insensiblement dans les fortunes, el un rsprit de sage conservation pénétrera dans le peuple lui-m~me, intéres;;é au maintien d'un ordre social qui l'assure contre la misère cl à la croissance de fortunes donl il aura sa part. « Le malheureux cessant, à la faveur d'une législation bienfaisante et juste, d'être sacrifié dès le berceau par la disproportion abusive el vexatoire des richesses, sera appelé à partager des biens sur lesquels, en sa qualité de membre dtt c01ïJS social, il a pareillem,nt wu• main-mise incontestable. D'ailleurs, pour augmenter de plus en plus le; elîets inappréeiablfs de ce retour au droit naturel et civil, on réduirait, pour l'héritier national, sa portion à la somme dont il a strictement besoin pour se meure en mesure de s'occuper utilement. Ce n'est pas une tortu ne qu'il faut d'emblée à celui qui commence, puisque dans celle hypothè;;e, au lieu d'enflammer son zèle, on provoquerait sa paresse, c'est-à-dire sa perversion. Mais ce sont les avances indispensables pour commencer l'exercice d'une profession et mille écus donneraient une mulliplicilé de lots qui, étendant à l'infini la division des fortunes, restitueraient au travail, aux vertus, à la félicité, une foule de nécessiteux qui ne languissent clans l'oisiveté, dans le vice et dans la paresse, que faute d'avoir eu dès le principe de quoi faire valoir leurs Lalenls paralysés; toul cela esl çompris dans le mol d'un financier. « Ce n'est pas ni cent mille écns ni un « million qui sont dirficiles àgagoer, mais la première somme de cent pistoles.» Ayaut ainsi exposé son système, Billaud-Varennes s'indigne contre ceux qui, au nom de la propriété et de son droit, s'opposeraient précisément à son e,tcnsion. « Quoi! c'est la partie laborieuse du peuple qui gémit toute sa vie dans le déaùment ! C<!sont les Lras à qui l'on doit toutes les productions de la terre, de l'industrie, qui se lai,sent arracher le nécessaire! Un cri s'est fait entendre : « Guerre aux châteaux! Paix aux chaumières! ,, Ajoutons-y la consécration de celle règle fondamentale : Point de citoyen dispensé de se pourvoir d'une profession I Poinl de citoyen dans l'impossibilité de s'assurer un métier! El dès ce moment une activité universelle va soustraire l'homme à toutes les calamités qui le persécutent et lui restituer sa première et véritable condition : celle de gagner sa vie ILla sueur de son fronl. • Yous qui parlez sans cesse du droit de possession, répondez : en est-il une plus sacrée que celle qui réside dans la facullé obligatoire de travailler·/ Comment se fait-il donc que celui qui se donne le plus de mal se trouve être
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