Jean Jaurès - La Convention

Ill STO I llE SOC I.\ LI STE n'i c11 eût-il <JIii' cinqu,1nlc, celle ,eule prnsée doit l'aire lrémir Lous les l:lches intric:ant, 'l'IÎ 1r11ll'nt;,,; (•g-ar,•r011corrompre la majorité, En atlrndant celle épo1111,•, J~ r!P1>1111u0l1•1mnia, la JJriol'ité pour le tyran. » ll<'ta, '. nohrspirrre cl,•rnil demander la priorité pour bien d'autres. Il y aurait ,ans rloulr quelque péda11ti,me à di•culcr rn elle-même, <'l comme si eIJ,, /•tait 111wformule générale de philosophie de l'histoire, la parole cle l\obr-pi,•rr,•, qui ne pren 1 (,sidcmml'nl son vrai sens que du combat où il est eng-a~1·. JI' 11c cherche donc pa, si ces c,pres.ions numérique, el parlementair<', d·• majorité el de minorité conviennent aux conflits de la force dans l'hi,t<,irt' humaine, à la lutte des iustilulions el de,; puissances établies contre le:_-h.ardi:--noYalf'ur,. Un amait, sans doulc, élon11é llcaucoup Cé,ar en lui demandant sïl élait de la majodt,· ou ,le la minorit••. Je ne sais au,;i ce que peut shmificr, au ju,k. la te1Tthle parole:" La 1rrt11 fut to11jours en minorité ,ur h terre.,, Toujonr, l'elîort tle pro,m's (Ir, minot·ités a fini. dan, l'ltisluire, 1nr conquérir les majoriti·,. ~lais, c'e,t en pJ,,i11· Hl•rnl11lion populaire, en plein" lliYolulion de cl(•mocratie cl dt' ,·ai,on r111r J,. mol <le llohespi,•rr,; e,t rlil; etliL il a un sens am,·r. rlé,r<péré el dictatorial. Etrange ré,(•lation d'une :lme tourmentée ù la foi, par ~on idéal <'l par son m·gueil ! li 8Pmhle que, malgré les (•prrll\e,, les hommes de la Révolution pr•ll\ aient, en ces dernier,; jouis de 17!1:?,s';,bandonner à quelque oplimisme, <'l témoiµ-ner de qu<·lque foi dans la 1,ature humaine, dans la force de lïdi·e, clans la pui"ancc du wogri•s. En trois année, une gran1le nation avait fait l'œu1re des siècle,: elle s'était libérée, et maintenant elle jugeait son roi. Jamai;, aux heures tragiq11es, au il juillet, après la fuite ù \'arennes, au Dix-Août, l<' peuple ne s'était manqué /1 lui-même, et ù l'iniliati,e courageuse el clairvoyante de, minorités a,ait ré1 ondu l'a,senliment rapide des majorité,; il y avait eu rnèrne parfois des heure~ d'unanimité raclieu,e. Pour ,1uoi duuler, pourquoi désespérer il ce moment de la vertu révolutionnaire? A coup ,ùr, bien des calcul,;, bien des ambition,, bien des conrnilises el des inlrif(urs se mêlaient au grand mouvement, le retardaient el risquaienl de l'é.rnr,-r. ~Lti,, chose curieuse I Rohespierre semble rompre avec les majorités et ,e refugier dans l'orgueil amer des minorités juste à la veille du jour où, ,.ir la <1ueslion même du jugement du roi, il va l'emporter et devenir lui1:1è111me ajorité. Que faut-il donc à cet espril concentré? N'aura-t-il quel,1ue sérénité et quelque joie que lorsque la diversité infinie des passions humaines se sera accommodée à son idéal rigidP- et un peu pauvre de la vie? Ne s'al.mndonnera-t-il avec confiance à la Révolution que lorsqu'il la sen lira tout entière en sa main, comme il croit la port,•r tout entière en son cœur? Oui, parole amère et parole dictatoriale : car l'homme qui glorifte ain,i la minorité dont il est, qui ne voit la Révolution et la vertu que là où il est, ne se prêtera pas à CP,; transactions et conci'"allons humaines gui ·ont nécessaires même au

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