1300 IIISTOII\I': SOCIALISTI': enthousiasmr cr qui parallrail lui promettre un meilleur •orl. Mais clans l'ordre publk, fi"liliqne, c'e,t une belle chimère, rl celui qui les propose ne peul ~tre qu'un fourhe qui cherche à accaparer la faveur du peuple, ou un ignorant qui n'a jamais approfo11di les effets de la ciYilisalion. » Donc, pa;; d'utopie réactionnaire, rt pas de morrrllemenl légal du -ol. ~ais comment, dan, nos sociétés compliqut 1 PS, e-i'Pntiell,•menl ai?riroles, mais marchande, el indu,triellcs au,,i, hahituées aux raffinements clu luxe, aux délicatr5:;e, Ù<' la vie, comment assurer, 11011 pas un impossihlr nivellen,rnt, mais une ,um,antc é,wlité? Uillaud-Yarennrs propose deux grande- mesure•, l'une plus particulii•remenl applicable à la propri,'té foncière, l'autre à tout,•;; les formes de la richesse. « Dilîfrcotes op•'ration, ,ont nécessaires pour atteindre ce rérnltat. La première e-l de dé<'larer que nul citoyen ne peul po,séder désormai•, clans un cercle délermin6 par la Conslilution, plus d'une quanlilé fixclr ù'arpt11ls de terre. • C••ll••loi n·aura pas seulement pour effet d'empêcher l'accumulation de la fortune el de lïnfluence territoriales. Elie assurera une meilleure expluilalion du sol : • Toujours, on dislin3ue au premier coup d'œil le champ tlu laboureur de celui qu·on nomme le bour9eois, quoi~ue lraYaillo pourtant par les mêmes hras. D in, le; guérets du paysan, c·esl une terre plu, profondément fouillée ,, Éviùemrilenl, llillaud-Yarennes e,L dominé à l'c,cès I ar l'idée que la l'e rtune de l,1France est surloul lerriloriale : il ne parait pas pré\"Oir l'influe11ce oligarchique quP pourront conquérir les capilalist~s du commt•rce el de lïnduslrie, car pourquoi limiter la propriété roncière el ne pas limiter la propriété mobilière? li e,l vrai que l'essor de la producl ion industrielle. qui suppose dans la socicllé moderne l'accroissement indéfini des capilatl\, serail b.!aucoup plus co11lrarié par celle limilalion que ne le serait la production agri,•ole par la limilalion légale des surfaces possédées. Billaud-Yarcnne, ne voulait pas marquer une limite à l'accroi,,ement total de, forlune3, puisque le culliYaleur qui aurait réalisé des hénèfice,; sur son domaine limité pouvait verser ces bénéfices dans des entreprises industrielles que la loi, dans son système, ne hornail pas. Le souvenir de la puissance sociale abusive des propriétaires ronciers d'ancien ré~ime, la peur cle fürer la subsistance même du peuple à une oligarchie de grand, possédants, déterminaient, sans doute, Billaud-Varennes à soumellre la propriété agricole à un ri•gime spécial. ~lais voici que p"r une autre voiP. il ramène Loule la fortune, mobilière cl immobilière, sinon aut lois rigoureuses de l'égalité absolue, du moins à de sages proportions. C'est par une conception hardie el par un emploi vraiment socialiste de l'héritage que Billaucl-Yarennes veut pré'l"enir la trop grande inégalité de fortune el as,urer à tous les citoyens un minimum de vie el d'indépe11dance.
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