Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIJlJ, SOCIALISTE Hi:; Mais qu'était l'abandon de tous ces privilèges seigncuriau, tant que le privilège de la richesse continuerait à produire tou, ,es effets? Que serait la liberté si elle n'était soutenue I ar la forte éducation de tous, et comment celle forte éducation de tous serait-elle possible dans la misère du plus granll nombre? Lepelletier n'était ni un communiste ni un niveleur. li ne para il pas avoir songé un instant à changer la forme de la propriété, il ne voulait pas non plus faire passer sur les espl'ils un niveau égalitaire, réduire ceux <JUipouvaient acquérii· de haute, connaissance, au degré que tous les citoyen. pouvaient atteindre. il acceptait toutes les cimes du projet de Condorcet. • Toul le système du Comité porte sur celle base, l'élablbsemenl de <1uatrede3rés d'enseignement, savoir : les écoles primaires, les écoles secondaires, les insliluls, les lycées. Je trouve dans ces trois derniers cours un plan qui me parait sagement conçu pour la conservation, id propagation el le perfectionnement des connaissanœs humaines. Ces trois degrés succe,sir, ou1renlà lïuslruclion une source féconde el habilement ménagfo, el j'y mi, des moyens tout à fail conl'enables pour sccontler les talents des citoyens qui se liHeronl à la culture des lettres, des scicncrs cl des beaux-arts. " Ainsi, pour les degrés supérieurs de l'ens~ignement, Lepellelier était avec Duponl, Duco$, Condorcet, contre Duran d-1laillane: il ne 1·oulail pas, sous prétexte d'égalité et d'austérité dé mo cralique, abak,er l'esprit bu111ai11 cl en rappeler l'essor. Mais il voulait organiser le premier degré d'enseignement de telle sorte que Lous les enfants, même les plus pauvres, rcçoivcnl un commencement sérieux d'éducation, et que tous, riches el pauncs, soienl fa(onnés, par un régime commun, par une éducation commune, à une conception nouvelle de 1" vie. El de cette conce,,lion nouvelle de la \ie, instituée dans tous les esprits par une première habitude, il allendait un lent el pabible renouvellement de toutes les inslilu lions sociales, 01 ientées vers l'égalité. L'œuvre d'cducation lui apparaissait ainsi comme l'œuvre fondamentale qui devail non seulement soutenir la société nouvelle, mais en tracer le de;- sin cl le plan. Il disail à son frère (voir l'édition très rare des œu1res de 1Jichel Lepelletier Saint-Fargeau, par Félix Lepellelier; Uruxelles 1820):. « Il faut reprendre la France en sous-œuvre, pour ainsi dire, el de la base, fortement assise cl consolidée, remonter au sommel. » Cetle base, c'était l'éducation commune, c'était aussi l'esprit communiste. • Celle iué 0 ale répartition du bienfail des écoles primaires est le moindre des inconvénients qui me frappent clans leur organisalion. J'en trnuve un bien plus grand dans le sy;;lème d'éducalion qu'elles présentent. • Je me plains qu'un des objels les plus essentiels de l'éducation est omis: le perleclionnemenl de l'être phy;;ique. Je sais qu'on propose quelques exercices de gymnaslique; cela est bon, mais cela ne suffit pas. U11genre de vie continue, une nourriture saine el convenaille à l'enfance, des travaux graduels et modérés, des épreuves successives mais continuellement répétées,

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