li ISTOJRE SOCIAL18TE 1471 que la géométrie lran~cendante, à tout cc que la mécanique et l'hydrodynamique ont de plus abstrait et de plus difficile, et l'on sait combien les navires sont ulfüs à la prospérité de l'agriculture et du commerce. • Mais si la science est à ce point bienraisante el pure, pourquoi souffrir qu·eu,, partage l'esprit des hommes avec les puissan~es de ténèbres et d'oppression? Elle a droit à Loule l'humanité comme à toute la nature. L'ombre des religions doit s'évanouir. • Si les premières assertions de Durand-Maillane sont fort étranges, si elles déshonorent en quelque sorte el noire siècle el notre Révolution, et celle tribune, que dirais-je des principes religieux qu'il a avancés? DurandMaillane ne parait avoir lu que dans le, in-folio que camus apporta à la tribune de l'.\ssemblée Constituante pour lui faire faire une conslilulion civile ùu clergé. li aurait dtl lire plutôt dans le grand livre rle la nature, ouvert à tous les yeux, et où tous les yeux peuvent lire leur religion, si l'on veut <lé• lilrer l'e~pèce humaine de ces nombreu~ préjugés accumulés depuis tant de siècle,. « Quoi 1 les trônes sont renversés, les sceptres brisés, les rois expirent elles autels des dieux restent debout encore!(Murmures subits de quelques membrPs. - L'abbé lclwn demande que l'opillant soit rappelé à l'ordre.) Des tyrans outrageant la nation y brtllent un encen, impie. (.llèmes murmures; la qrandc majo,·ité de l'Assemblée les couvre par des applaudissements.) Mais les trônes ~battus laissent cependant ces autels à nu, sans appui el chancelants. Vn souroe de la raison éclairée suf(lt à les raire disparaitre. El si l'humanité est redevable à la nation française du premier bienfait, peul-on douter que le peuple français, souverain, ne soit assez sage pour renverser aussi et les autels et les idoles au, pieds desquels les rois avaient su le faire enchainer. • Croyez-vous donc, cito_vens législateurs, ronde r et consolider la République française avec des autels autres que ceux de la patrie, avec des emblèmes ou des signes religieu, autres que ceux des arbres de la liberté? (De nombreux applaudisseme111ss'élèvent dans Ioule l'Assemblée el dans les lrib1me.s.Quelques membres s'aqilenl avec violence. On demande que les évêques qui interrompent soient rappelés d l'ordre. - « Vous nous prêche: la • querre civile•• s'écrie l'abbé Audreit1.) • La nature el la raison, voilà les dieux de !"homme, voilà nos dieux. « - L'net AuoREtN. - On n·y tient plus. (Il sort brusquement de /a 1alle. Oil rit.) « Admirez la nature, cultivez la raison; et vous, législateurs, si vous voulez que le peuple français soit heureux, hâtez.vous de propager ces prindpes, de les faire enseiqner dans vos écoles primaires, à la place de ces principes fanatiques que Durand-Maillane veut y substituer. Il est plaisant, en effet, de voir préconiser une religion adaptée à une Conslilulion qui n'eQSle plus, préconiser une religion monarchique dans une république,
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