14iû ll lSTOI I\E SOCIALISTE en pralique. )lais Loul peuple éclairé sera libre quand il le ,oudra. Je dis plus: les lumières amèneronl nécessairement la liberté, parce qu'elles fonl connallre le, droils de chacun, droits que l'ignorance dans laquelle on voudrait l'OUSreplonger, avec les principes que l'on débile parrois à celle lri• bune, ne fail ni soupçonner, ni découvrir, ni recouvrer. « Je l'avouerai, les premières assertions de Durand-Maillane m·ont pam fort ét,·anges, lorsqu'il a voulu circonscrire da1is certaines limites la raison de l'homme, qui n'en connaît plus; ott donner, à l'exemple des despotes, telle direction plutôt que telle attire à la pensée et à la main de t/u;mme, tandis que, sous Lerégime républicain, la pensée et la 111ainde l'!tomtlle prennent toutes tes directions et toutes les formes possibles en a9ra11dissant son do111aine. ,, Jacoh Duponl confond ainsi la liberlé cl la verlu. i'\On seulement les lumières ne corrompent pas les mœurs, mais en suscilanl la liberté, elles suscitent la verlu elle-même. Toute vertu n'esl-elle pas contenue dans la dignilé de l'homme el dans le sen liment qu'il en a? La science qui dél'eloppe la liberté de l'homme dans le monde social développe sa puissance dans le monde naturel. Elle est donc la puissance co mp lèle, elle est la grande libéral ri ce qui fail tomber Loules les chaines, la chaine des fatalités naturelles, la chaine des iniquités sociales. Ce n'est ni un aris locralique idéal de curiosile vaine, ni un ascétique idéal d'égalité pauvre que la Révolulion propose aux hommes, mais lïdéal radieux et forl de la liber lé et de la joie: inflépendance de l'homme à !"égard de l'homme, mallrise croissante de l'homme sur la nature el le:; choses; des hommes afTranchis de Loule oppression humaine, el venant puise,· à une source toujours accrue de puissance, de richesse el de bonheur. El q,1elle magnifique conciliation de la philosophie et de l'action! C'est le DhAoOtqui justifie les philosophes du xvm• siècle, l'insurr eclion populaire pour la République el la liberté qui alleste que les savants et les penseurs n·ont pas perùu leur peine. C'est !'Encyclopédie qui a ouvert aux murs du château royal la brèche par où le peuple esl passé. La haute science, la haute pensée, qu'on affecte parfois de dédaigner comme stériles, parce qu'on les redoute comme révolutionnaires, font ainsi écluler leur puissance dans le progrès des institutions, elles la font éclater aussi dans le progrès des applications techniques : "Qu'elles sont petites, qu'elles sont bornées les vues de Durand-Maillane! li m'a semblé, encore une fois, entendre un homme du x1v• siècle, lorsqu'il a posé celle question : Convient-il, <tans une république, de donner 1a préférence aux sciences plutôt qu'aux arts mécaniques? comme si le comité d'instruction avait cherché à établir une préférence ou comme s'il pouvait l'établir l " Durand-.llaillane ignore donc que tout se timt dans la na/ltre; que la construction des ,aisseaux, pour prendre un seul exemple, UenL à tout ce
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