Jean Jaurès - La Convention

IIISTOinE SOCJAL!STE H63 être eu élail-il de m,'me de beaucoup de membres du côté droit. D:!s que nos aùver,aires s'élaieol a.rr'lés dans la carrière que nous voulivns pour,uivrc jusqu'au boui, ils faisaient à leur insu cause conununc avec les aristo ·raie,; cl, recevant seulement l'impression des résisla11cès que nous éprouvions, nous pouvions difiicilem,mt dislinquor entre les o~po,anb: tout ce qui s'accrochait au char de lJ !\évolution.pour le tirer eu anièr>e était égal à oos ycm; c·ttail l'ari,tocralie seule qui devait proOtcr de leur triomphe. Au reste, celte injustice était si naturelle, que les Giron clins élairnl tombés dans une erreur semblable à l'égard des ConstituUon:nels. « Roland el Louvel avaient confondu La Fa)elte cl Bailly avec )la1:ry et Car.alès; il n'était pas étonnant, lorsque les premiers s'étaient arrêtés à leur tour, que nous fù;sions portés il confondre \'crgniauù et Pélion al'CCIl ,mon( el Dumas; c·est le cour, naturel des choses, nous ne voi ions que le IJul € l'entrave qui nous empèchait de l'allein Ire; à quelque litre que nos adversaires aient concouru ù l'élever, ils ne devaient pas nous litre moins suspect,, ils ne nous étaient pa, moins odieux. » Esl-il YrJi que la Gironde a triomphé, d'une victoire posthume, en quelques-unes de ms lhè,es? Ccçles, elle est associée il la ,iètoire grnérale de la Révolution, donl elle fut un moment une force, avant de dewnir pour die un péril. ~his, si l'on parle des tendances mômes par où la GironJe s'opposait à Paris el à la ~loola_,ne, sa victoire n'est qu'apparente. Il.tudol a dit que les ~lonla~nards ,ou laient prolonger les mesures énergi1ues et« que les Girondins rnulaienl appliquer tout de suite des vues organi-1ucs ». El maintenant, ce n'e,L pas par des mesures de circonstance, c'est p1r l'application « de vues organiques • que la démocratie républicaine, forme de la Révolution, se constitue el se développe. Oul, mais les ~lonlagnards , oulaient aussi, dès que la lourmen te serait passée, gouverner "par des rues organiques ». Les Girondins comballaie nl cc qu'il y a d'ou lré dans lïnfluence de Paris, el aujourJ'hni toute la France républicaine sait faire équilibre, quand il le faut, aux erreurs de Paris, à ses fantaisies césariennes el à ses entrainements clnuvins. ~lais cel équilibre des forces ne ressemble en rien ù celle haine que la Gironde voulait sourner il la ~'rance. Ce n'est pas la de,lruclion ou la diminution de Paris; c·est, au contraire, l'élargissement, c·esl l'extension de la lumière el de la vie qui réduit Pari; à n'être qu'un des foyers. Aussi bien, les M1mhgnards, disciples de Jean-Jac 1ues, u·avaienl pas le fanatisme de Paris; mais Paris élail dans leurs mains le seul instrument possible de la défensJ nation ,le el de la grande action révolutionnaire. Oui, la Gironde a protesté contre ce qu'il y avait d'étroit dans la sévérité alTect·•eou sincère d'une partie de la Montagne: elle a ouvert de,·ant la l\érolulirn de splendides perspectives de richesse; mais une grande pa tie des li ont 1gnards répudiait les plradoxes de Jean-Jacques el avait le culte de la

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