Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIRE SOCIALl::iTE mes : ou bien ils créeraienl, à Bourges ou ailleurs, uu aulrc ccn lre de gouvernement,, une autre capitale, celle du gi.roncfüme, la capilale de l'ordre, qui entrerail eu lutte avec la capitale de l'anarchie jusqu'à ce que loul le pays fO.lramené mus la di:,clpline d'une même politique el d'une m~mr loi. C'e0l été eu réalité le centralisme girondin el département.al s'u ppo,ant au centralisme monlagMrd cl parisien. C'était là le plan de plusie urs Girondins, notamment de Guadet, à une l1eure où le; chefs de la Gironde pouvaient se fi.tller encore d'établir entre eu,x quelque unité d'action . Ou bien encore les Girondins peuvaienl compter sur l'explosion diverse cl spontanée des l'orces multiples de mécontentement el d'oppo sition qui, selon les régions, avaient des formes ditrérentes. L'avenir rerai l surf?ir de celle dissociation momentanée une association nou\'elle, ln Fran ce rclrouverail son unité, mais sans l'action do Paris, contre l'action de Pari,, c'eslà-dire une unité plus libre cl plus souple. C'dail là, si l'on pe ut dire, un fédéralisme de lran~ition et aussi un fédéralisme de désespoir. Oui, mais comme une nalion h~biluée 1 l'o!)(anisalion et à l'unité ne peul tomber ainsi en dissociation, même provl5oire, sans a\·Oir l'angoisse de l'ugonie el le pressenlimenl de la mort irrévocable, il était certain que celle anar chie ùoparlementale chercherait sou.!ain à s'organiser autour d'un centre d e Corre, el d'idées, el quel autre centre que la tradition monarchique et l'i dée contrerél'olu1ionn1ire? C'est en ce sens profond que Barère avait raison de dire, d'un mol que Buzot lrourn svphislique, et qui esl vrai d'une Yérilé ample, que les Girondins, par leur schisme a\'ec Paris, préparaient 11 royauté sou, la forme fédérative. Oui, cela était 1rai, même si l'étranger, défenseur armé de la conlreré\Olulion, ne mellait pas à profit celle anarchie pour imposer à l a nation sa loi conlre-révolulionn,ire. Baudot a très finement marqué, dans ~c~ notes, les nuances exacte, dufédéralisme girooùin. Il dH très bien que l'organi,alion fédérative des départements n'était, dans leur plan, qn'uoe mauœu vre pour écraser le urs adversaires à Paris el repren 1re le pournir : • Le 31 mai ne rut qu'une conlre-parlie. Les députés de la Bretagne s'étaicol a..semblés plusieurs fois sous prétexte de repas civique s, et dans ces réunions, en apparence gastronomiques, on a,·ail élevé plusie urs fvi, la que.lion de se déb.u-rasser de la Commune de Paris, enfin de se constitw·,· e,1 départements (t!dérali(s, de décimer la l\lonlagne, de la détruire m~me en enlier au besoin, ce qui eul son eltel plus L3rd, tanl pour sa décim3tion que pour soo renver~ement Lola!. On a,ail eu ~oin d'éloigner Charles üuval, député d'IUe-el-\'ilaine, et Pouché, dépulé de la Loire-Inférieure, tou s le,; deu, comme trop o,.posés au système qu'on \Oulail faire prévaloir. DeaujarJ el IINule r11re11~ louJOllls opposés à l'objet de ces réunions. N'ayaol pu vaincre

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