Jean Jaurès - La Convention

lll~Tllllll·: SOCIALl:·,rn parce qu'ils a,·aicnl r,,,p,·il ')st malique et constructif qu'ils s·op1,o,;ai~11l à la ~l011t:11<11tor,ute action el comiJal. c·cst parce qu'ils a1aicnl perdu co11tact avec l'action, avec 1,, coml,at r1'1olutionna ire qu'ils paraissaient abonder en sy,t(•mes et en théories. ~i Danton tli>ait d'eu, : « Ce sont des avocats et dts hommes à procédure, mais ils ne connais,ent que leur plume d'hubsicr •; si Baudot ajoulait: « Ce ,;ont des théolo['icns aigris ù la dispute », ni l'un ni l'antre ne caractèrisaient ainsi une inflr11iitc originelle et fJrOfessionnelle; ils con,tataicnt plntùl ce qu'était ùe,enue la Gironde quand cilc ne marchait plus dan,; le sens de la llérnlution, quand il n·y a1aiL plu, dan, ses paroles la 1ilènilude drs é1éncmcnts. Le plus doctrinaire de, Girondin,, le plus \'l'aiment sy,t(•malique élail Condorcet, or il était à peine ùu p,,rti de la Gironde, et ce n'est point un doclrinarismc pbilo,opbique et abstrait qui pcrùil celle-ri. Etaient-ils hnnlés I ar le système du fédéralisme? cl le parti JJris lhéoriqul' dl' di»émincr l'action nationale les égara-t-il hors ùc la llc1olulio11 jm,lc iL l'hcure où celle-ci ~,~ay.1it la roncentrnlion suprême ct,,, é11<'rgi<', ! Mais ici encore il ne faut pa,;,• l.ii,><•r lronq,cr par u11n•nn'J',Clllf'll tl1•, per,- pertive:a. La lulle politique qu'il:, e11lrcprirent contre Pari,, parce qu'ils 11'y dominaient pl11s, leur suggéra l'appt'I à la l'iC ùi[u,c des déparleml•nts (:la une ,orle de léùérali:;me bien plus qu'une co11ception fèdéruli,te ne les Cclourn,1 a prio,·i de la !\évolution parisienne. Je sais !Jicn que Laréveilli·re-Lcpcaux c1ui, s'il ne fut ras précbémenL girondin, eut beaucoup de.hai11e contre les ennemis de la Girùndc, parle a1 ec complaisance, ùans ,es .lfemüires, du fécléralisme. li rappelic qu·au Co11,ilé de salut public il s'opposa toujc,ur;; à cc qu'on anéanllt les constitution, fédéralistes de la Hollande cl de la Suisse. liais ce n'étaient point ces \Ues qui déterminaient l'action de la Gironde .. fe sais encore que 13uzot, dans se~ .U·•- moires exaspérés, sïl proteste contre l'accu,,ation de fédérali;;mc, ne ù~;,1vouc pas nettement la lhéoric fédéraliste. « li n ·csl pas un département, pas une ville, pas un ruiséralJle clulJ qui ne nous traite de royalistes et de fédérali:llcs. ,\ssurérnenl ces deu, illùls sont biPn étonnés de se trouver ensemble ... Cependant Barère, dans un rapport que je viens de lire, a trou,·é bon de donner ù cette calomnie une autre tournure; écoulez cel halJile homme, après que vingt-lroi;; des nôtre:, ont péri sur l'échafaud pour doulJle crime de fédéralisme el de royalhme. Ce n'est plus cela, il faut dire que nous voulions etablir la royauté suus la forme du fédéralisme. ,\liséralJle coquin, Lu as donc perdu toute bon le, le crime ne te coùle plus rien! Pourquoi as.tu recours à ùe nouvelles équivoques, à des explications plus olJscures que les mots que lu veux expliquer? 'fu as bien senli que si oous étions de;; fédéralistes, nous devion;; être des républicains et 110npas des royalistes. ~fais ton peuple ne le sent pas ... \'il sophlsle, que veux-lu dire avec Les formes, ton imbroglio de fédéralisme el de royauté? ...

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