J430 lllSTOIRE SOCIALISTF, perdu de son é11ergiedepuis qu·o11a cassé la Commission des DouzP. Celle Commi~sion était un instrument dans la main des intrigants. Elle n'agissait 1,as par elle-même : c·est la faction qui la dirigeait. Le peuple s'e,t insurgé conlrc crue faction, el il ne s·arr~era pas que celle faction ne soit lerrassér.» Qne d'étranges prrssentimenls s'éveillent au cœur! La lutte contre la Gironde n'est pas terminée, et déjà les sombres soupçons de Billaud-Yarennes, les résen·es de Chabot présagent d'autres déchirements et d'autres combats. La méllance de Ilillaud-Varennes contre quiconque veut être chef aboutira un jour ù frapper, non ~laral, mais Rohespierre. Les factions de Chabot el de Danton se dé,•oreronl l'une l'autre. Appelez les sorcières de Shake;peare, de celui que Brissot appelait« l'Esrhyle anglais», près de la chaudière où la rata• lité remue tant d'éléments humains, tant de passions, de générosités et de haines: penchées sur celte confusion ardente el sombre, elles verront s'élever une vapeur de sang. Mais les Jacobins, meme quand ils étaient le plus résolus, discutaient, préparaient, formulaient : ils n'agissaient pas. Le commandant provisoire Henriot les avait invités à communiquer aYec lui, ils avaient nommé des commissaires à cet effet; mais ils n'avaient pa, donné le mot d'ordre que Henriot attendait sans doute pour le lendemain. Et après s'être déclarés en permanence, ils avaient levé la séance. Pourtant une grande confiance était en eux, el une certitude de l'aYenir. L'indice le plus décisif peul-être, c'est que les Jacobins inaugurent, le 1" juin même, leur ori,;ane officiel, le Journal de la Montagne. Pour la première fois, la )Iontagne avait un organe; par le litre seul, elle s'annonçait à la France dans son unité et dans sa force. L'épigraphe était faite du mol d'llérault de Séchelles, présidant la Con I en lion : « La force de la raison el la force du peuple ne font qu'un. » Ce n'était pas la révolte de misère qui éclate dans l'épigraphe du journal de Marat. C'était l'affirmation doctrinaire el solennelle que la Révolution ne pouvait aboutir que par la grande énergie populaire soumise à la discipline des principes. C'est par ce mot qu'Iléraull aYait consacré el légitimé la sommation du peuple à la Convention contre les Girondins. Ainsi cette seule épigraphe était tout un programme d'action révolutionnaire un pen formaliste el guindée, mais vigoureuse et décisi\'e. Ni Robespierre ni Marat n'avaient paru ce soir-là aux Jacobins. ~laral y allait peu: il trouvait qu'on y parlait trop, et d'ailleurs, épuisé par la maladie, il suffisait à peine à la Convention et à son Journal. l\obesp!erre fut-il, ce soir-là, écrasé de fatigue? Après une ~éance de douze heures, el où il a,•ait lutté, c'est possible. J'imagine pourtant qu'il n'était point fâché de n'avoir pas à donner, à cette minute, des conseils trop précis. C'est seulement dans le numéro du 5 juin que ~hrat donne ses impressions sur la Journét- du 31 ma': • Le Comité de salut public, quoique composé d'hommee-lostr.oits et bien
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