006 UISTOII\E SOCIALISTE bien, le peuple, s'il ôtait réduit à s'accuser lui-même, rejetterait à sou tour la charge sur la Convention : C'est elle qui pou,ant résoudre le problème nous l'a confié. c·e,t elle qui, pouvant réunir plus de lumières que nous, nous a jt>tésdans ces ténèbres. C'est elle qui, sous prétexte de respecter noire souveraineté, a commencé par la lier par ses conseils, mais par des conseils ambigus où, comme l"oracle, elle se réservait toujours de dire que le peuple avait mal compris. Non, vraiment, il n'y avait aucune raison sérieuse de décider l'appel au peuple, et la Gironde essayait en min de couvrir, par cet expédient suprême, lïncerlitude et l'inconsistance de sa pensée. L'impression produite par les Girondins tut si équivoque que, tandis que bientôt la Montagne les accusera d'avoir voulu sauver le roi, tandis que Danton, provoqué par eux, leur lancera dans son discours du i"' avril cette accusation terrible; Fabre d"Églautfne, dans une note trouvée dans les papiers de Robespierre et transcrite par Baudot, dit ceci : • Les Girondins désirent la mort du roi, parce que sa vie est un obstacle à leur ambition, mais ils veulent conserver pour eux des apparences d'humanité, ils marchent ainsi d'une manière sourde à leurs desseins. Lanjuinais, du côté droit, ne voulait pas la mort du roi, et cependant les autres la voulaient, ils le disaient et ilsapplaudi;;saieut Lanjuinais. • Et le dantoniste Baudot, comme s'il acquiesçait à cette interprétation, ajoute : • Quoi de plus tortueux et de plus perfide 1 " ~on, Je ne crois pas qu'ils aientsouhaité la mort du roi. J'ai dit comment el par quelle mélancolie mêlée déjà à leur fatuité subsistante, ils étaient émus d'humanité et de pitié. Il leur suffisait, pour ne pas désirer sans réserve la mort du roi, que la l\lonlagne la demandàl avec passion. Ce qu'ils se proposaient avant tout, je le crois, c'était d'a!faiblir la Montagne, de lui fermer le poul'Oir. Et pour cela, il fallait ou que les solulious voulues par la Montagne ne prèvalù,sent pas ou qu'elles prérnh1ssent par d'autres moyens. C'est par là que les Girondins turent conduil.3 à imaginer l'appel au peuple. Comme des assiégé, qui veulent • se donner de l'air •• les Girondins qui commeQçaient à se sentir pressés i,ar lïnOuence croissante de la )lonlagne et bloqués par la démocratie parisienne, cherchaient une issue vers les départements. Ils n'avaient pas réussi à appeler à Paris une garde départementale. Us n'arnient pas réussi à foire adopter la proposition ùe Guadet qui, en permettant aux a,semLlées primaires, où les Girondins croyaient avoir encore la majorité, de rérnquer les repré,entants, mettait à la merci de la Gironde ceux des Conventionnels des départements qui marchaient d'accord avec les Convenllonnels de Paris. Si tout à coup, dans une question 1itale et où toute la Révolution était engagée, les assemblées primaires étaient chargées de décider, c'est la France départementale qui devenait la grande force. Les sections de Paris étaient dé-
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