1420 HISTOIRE SOCIALISTE core une perfidie. Prudhomme veut noyer les révolutionnaires dans un océan de sérénité. , On dit que la journée du 31 mai avait été préparée dans toute autre vue. On parle d'a111rchistes, de sédilieu,; mais celle journée leur prouvera que leur règne est pass6. Les citoyens de Pdris sont trop éclairés aujourd'hui pour Nre d"humeur à s'entr'égorger pour le bon plaisir de telle ou Lellefaclion; une guerre civile devient de jour en jour plus impralicable. » La Chronique de Paris donne une note apaisante : « La journée était superbe, el comme vers midi il n'y avait eu aucun événement sinistre, chacun se promenait riant lillrem&nt, lo utes les femmes étdienl assises lran 1uillemwl sur leurs portes pour voir passer l'insurrection; aucun désordre n·a été commis; il n'y a eu qu'un ru! de fouetté dans les tribunes de la Convenlion. » Pauvre Théroigne I comme on fait bon marché de son humiliation 1 « .•• Toutes les sections sr. sont retirées tranquillement avec le jour. Paris a Né illuminé, mais lrès tranquille: hier (c'e~t-à-dire lei" juin) tous les ateliers ont recommencé leurs travaux el rien n'annonce que le calme doive être troublé. " le Patriote français alTecle d'abord l'oplimisme el bientôt il laisse percer de lïnquiélude : « On a décrété que toutes les sections de Paris avaient bien mérité de la patrie. En elTet, elles ont été constamment rassemblées en arme~, pendant Loule la journée, et par leur ardeur, par leur vigilance continue, clics ont prévenu de grands malheurs. Elles ont été en insurrection contre la sédition. On avait pr.ivenu les sections du faubourg Saint-Antoine contre celles de la Bulle-des-~ioulins, dei 792, du Mail, etc.; on avai l dit aux premières que cellesci étaient en élat de contre-révolution. Mais on s'est expliqué, on s'est éclairé, on s'est embrassé, el il n'est resté aux amateurs de guerre civile que la honte el la rage. » Voilà ce que dit le numéro du i" juin, mais, dès le numéro suivanl, le jugement porté sur la journée du 31 mai esl plus sombre. Le Patriote mon Ire la Convention dominée par la Commune et par le département de Paris, par • celle administration nulle dont les convulsions sont les seules marques d'existence ... • El il n'accepte qu'avec bien des réserves les décrets rendus. « Alors les décrets se succèdent avec rapidité; il ne pouvait, il ne devait plus y avoir de résistance; nous sommes loin cependant d'improuver Ioules les dispositions qui ont été arrêtée~, mais les bonnes se perdent dans la foule des mauvaises. • Au fond, les Girondins comprenaient bien que la journée était mauvaise pour eux. Ils avaient été, malgré tout, à la merci de l'insurrection. Ils n'avalent même pas osé demander (sauf par un discours de Guadet qui ne conclut pas el qui n'eut pas de suite) que l'on traduisit à la barre ceux qui avaient fait
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