HISTOIRE SOCIALISTE 1119 étrange étreinte, les combattants s·acheminèrenL ou vers leur club, ou vers 1a maison familiale, ou ,ers la myslérieuse retraite qui abritait leur inquiétude, s'interrogeant tout ba; : ils faisaient silencieusement le bilan de celte journée indécise, et sondaient la profondeur de., ble,&ures sur le,quelles la roule avait Yersé un moment je ne sai, quel baume trompeur de paix el d'oubli. Le pleutre Prudhomme, habile à couvrir d'une fausse sentimentalité les combinai,ons mercantiles ou les calculs de la peur, passe le mot <l'ordre à son journal de donner à Ioule la journée une rouleur d'idylle. Il ne tiendrait qu'à lui que le 31 mai ne figurât pis au calendrier des révolutions, mais dans la douce ,érie des rNes prinhnières; est-ce que par ha~ard on n'aurait pas célébré ce jour-là les charmes de Flore? Et comme le cœur de Paris sefondail de bonté ingénue dans celle lumière allendl'is;:anle ! • Quelle leçon pour 200 législateur;:, toujours divisés, que l'harmonie, la !rat, rnilé qui régnaient au milieu de 300 000 citoyens! et Ioule une journée s·e,l pa,sée dans l'altilu 1e la plus fière, mais la plus calme, la plu5 sa~e' On deman lait une fédératio1; en est-il une plus parfailc?et celle-ci n'a point été prémédilée,men liée; Lous les patriotes se sont leYés à la fuis et ont semblé dire aux calomniateurs : " Vile espèce, écris aux départements, va leur • dire que Paris est une ville de me 1rlre et de pillago>,Ya leur répNrr que • la représentation nationale court journellement des risques au Sl'in ùe celle • vil!e, et que tôl ou tard nous notn seron~ teints rlu san~ drs lé,dslaleur, de • la République. " 0 cloucereu, Prutlh~mnw, Prudhomme béat, Prudhomme paternel, relisez donc, avant de parler clc "la vile espèce des calomniateurs», ,·otre perfide article contre les comités révolutionnaires, YOtrea1licle empoi;:onné. L'idylle tleurie se déroule encore : « Ah l plulôl que tous les départrmenls. n'ont-ils pu ôlre les témoins de la solennité du 31 m li·? car c'était une espèce de fète nationale. Que ne peuvent-ils voir le peuple de Paris en masse, ils sauraient que s'il e,l sensible au, outrages, il es1 grand, il est généreux! Il sait immoler ses ressentiments à ses droits et au salut de la patrie. Qu'on l'abandonne à lui-même, el ihe respectera el fera respecter le dépôt précieux qu'il a en garde. • La journée du 31mai est véritablement son ouvrage: et la sublimité ,le J'en-emllle de ce spectacle n'était due ni à la Convention ni au, aulorilécon:;tituées. Il n'a fallu ni décret ni arrOlé pour m1intenir l'ordre. Les choses ne se seraient pas si bien passées si la Couvention et les autres poul'oirs ne s'étaient pas contentés d'être les spectateurs de ce mou\'ement, qui produira son e!Tel. Quan<I il ne ferait qu'imposer silence à la calomnie, c'est déjà beaucoup.• 1'ocsin des cloches; grondement du canon d'alarme; qu'était-ce que cela, sinon l'auompagnement de la fêle? Mais en cet c!Turt de placidité il y a en-
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