Jean Jaurès - La Convention

UISTOIIIE SOClAL!:,TE 1115 • se mélèrenl fraLernellement •• selon le mol du .llo11ile11r, au côlé gauche ,;e l'assemblée: ils allèrent, en quelque sorte, si~ger a la )lontagnc parmi ccu, qui co111prenaienl le péril de la patrie. La droilP prote-la, 1lèclara11lque la Coovention. ainsi envahie de pélitionnaires, n'était pa, liure, • Citoyens, s'écria alors Lerns;eur parlanl au\ )lontaguards, fai,ons cesser ces clameurs; pa•,ons de ce côté 'montrant le c,ilé droit) pour hil' r Loule conru,ion; nos place, ,tront bien gardées par les pétitiunnaire,. lia • motion, racoule LeYa»eur, accueillie avec une sorte d'enlhou,iasme I armes • coll~gues, rut aus:;ilôl e:-., culée, el nou,:;all:lmes nou:; a.:.sP.oirsur les bancs • ju-qu'alors occupés par le.; Girondins, au\ acclamations réitérées des péli- • tio111nires el des lriliunes. • Cepcndaut, l\obcsp'erre arnil la parole. La Convention élail comme ,ecouée par une grande houle. Les Girondins, qui naguère, croyaient tenir la journée, pres,t>nlaient qu'elle allait leur échapper. :,;·allaient-ils pas sombrer comme au ,oir <lu 2; mai, ùans le chaos errervescenl où députés el pi'lilionnaire, se mêlaient? )l~me le mouYemcnl qui avait précipité les lloulagnarùs sur les bancs r!c la Gironde in,1uiétlil celle-ci : c'était cumrnc un torrent qui wnail noyer la Plaine. Veri;n,aud tenta un clforl prc-quc dé-espéré. Il !enta d'apJJeler ùe la Conl'enliou à muilié en1ahie au peuple lui-mênll', au grand p,•uJJICC\pectanl el benin qui cou,nil les rues el les place, de son imi;uoùililé. « Sorlon,, s'écria-l-il, el allons nous mettre sous la protection de la force armée. • C'était continuer la !adique qui, tout à l'heure, lui faisait proclamer que les sections a,aicnl hicn mcrilé ùe la patrie , la tacli ,ue ou l'illusion. Cëlail :;e refugicr au ,.cin ile Paris contre ceu~ qui préten ,aient parler en son nom. C'était rélaùlir la communication longtemps interrompue de la Giroude el du peu1-lc. QL1elquesdéputes seulement le suil'ircnl. La lloulagne aliccla de dé,laigner la manœuvrc : ell,• restait avec la Comcnlion. Au besoin si les élément, incertains s'en "llaicul comme à la dérive, elle resterait, elle seule, la Convention, à la fois assi,e de roc el sommet. Quant à la Gironde, die ful survrise plus qu·enlralnéc par la démarche de \'er~uiaud .. \u fond, elle ,entait ùien qu'elle ne saurait que dire au peuplr, qu'elle avait perllu l'habitude de se cooller à lui; el comment l'improdsation hasardeuse d'un noble orateur qui lente de comertir en une démar,;he réelle un pur mouvemeul d"èloquence, pourrait-elle suppléer à la confiance inllfrompue? 8i \'crgniaud eût clé accueilli par la force armée des sections, qu'en eût-il fail? Serait-il rentré avec elle à la Convention pour balayer les pétitionnaires mNés à la lion Lagne? C"éWille coup d'Etat de LaCayelle el ile Dumouriez; tout cela, les Girondins eu curent lïmpres,ion coofu,;e el raµiile : el il:1 ne bougèrent pas. D'ailleur,, envtloppés comme ils l"étaient de leurs collègues de la llontagne accumulés maintenant au côté droil, mêlés el confondu, en eux, comlllenl aurai,•nt-ils pu se ·Jégager d'Ùn geste brusque el accompa!;ner Vergniaud? Peut-être aussi

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