901 HJS'l'Oll\E SOClALISTt<: • Si le peuple français élait jamais assez lâche pour reconnaitre des maitres, serait-ce la mort de Louis qui l'empôcherail d'en troul'er? • Louis serait celui de tous qui lui ferait Je plus d'horreur de la royauté. Louis est méprisé, Louis est avili; le peuple aurait toujours de\'ant se, yeu, se:; crimes. Qu'il meure, ils de,cenclronl avec lui dans le tombeau, où ils ne laisseront plu, que des traces que le temps alTaiblil et quelquefois elTace. Ilien tôt, peut-être, Louis serait un objet de pitié! Telle est la marche constante de l'esprit humain; ne nous aveuglons pas, voyons-nous comme nous sommes. • Ne cloutons pas davanta~c que les puissances étrangères qui nous feront la guerre, quelque inctilTércntes qu'elles soient au sort de Louis, ne manqueront pas de 1,ublier que h• cause principale de leurs hostilités est sa mort illégale et cruelle. Que nous ayons ensuite des revers, que des calamil(s nous accablent, le peuple, dans son désespoir, ne peut-il pas voir dans la fin tragique de Louis la :.Ource de tous ses maux? « Qui sait alors si des hommes habiles et ambitieux ne s'empareraient pas de lui et n'iraient pas jusqu'à lui faire regreller son ancien escla"age'? « N'y a-t-il pas plus de grandeur, de dignité et de vrai courage à laisser vivre Louis qu'à le faire périr, el sa mort serait-elle moins nuisible que sa vie? • Au 0 milieu de ces di(ficullés, de ces conjectul'es, de cescliances dive,.ses, de ce vague de l'at·rnir, je trouve un point d'appui : c'est la justice. Louis a mérité la mort, mon devoi,• mi>prescrit de la prononcer. Les événements incertains peuvent ,·endl'e celle moi·t funeste à mon pays; il.< peueent la l'elldl'e utile : je ne dois pas sac~i/ier le sentiment de ma comciencr à des combinaisons qui peuvent varie,· à lïnfini. » f:trange politique, qui fait ou qui parait faire de la morl de Louis un devoir de conscience el qui en même temps signale au pays les périls effroyables qui peu\'ent en résulter! A ne comulter que la raison, Pél'on uc peut décider si la détention ou la mort sont préférables: il hésite, quoique en vérité c'est surtout contre la mort qu'il dirige les objections _les plus redoutables. El sïl n'avait d'autres ressources que les calculs de l'esprit esrnyanl de prévoir l'avenir, il ne pourrait pas prendre un parti. Mais I ourquoi rejeter ~11rla nation, par l'appel au peuple, celle formidable incerlilude7 Le peuple n·aura pas plus de lumières que la Convention sur la suite probable des évéMments, el pas plus qu'elle il ne pourra fixer des combinaisons qui varient à l'infini. Et si c'est la conscience qui doit intervenir et résoudre le problème devant lequel la pensée se dérobe, si le devoir dil : la mort, là où la politique se trouble, pourquoi infliger à la nation ce terrible connit de la conscience et de la pensée 7 Pourquoi la Convention n'assume-t-elle pas la res ponsabilité glorieuse de résoudre elle-même, au nom de la conscience qui
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