Jean Jaurès - La Convention

HISTOll\E SOCIALISTE l ',07 tager leur gloir,, ! Je dois au peuple rrançai-, je dois it ma ronscience el à mon caract~rc, à mon caractère ùonl le tocsin, ùont la 1<énérale, donl le cJnon n'al\éreronl pas lïnùépen<hnce, je rlois à la ro,tt<ril~, rlonl le tribun ,1 plus augu,te, plus redoutable que tous les lribunan, r~, ,lulionnaire,, jugera et moi et mes ennemis, je dois aux hommes libres de Loule la terre de dire la vérité sans mênagemenl comme •1ns pa;sioy. D1ns les gran•ls danger, l'i\me ré ublicaine plane au-de-sus des petites haines comme au-desrn, ùes craintrs rnlgaires. • Hélas! par quelle m~pri,e celle âme rl•publicaine, probe el jeune, en- \hou-ia-te el b,mne, qui arnit en e!Tet pris ,on essor au-des,11, des petites haines, par quel :wru~lem,,nt n'a-t-elle p3, reconnu 1hns la ~rand·' ame de Danton la m~me généro,ilé native el le même détachement rie, p3,sions étroites? Danton ne sonnait pas snr les Girondins ·men1cé, un loc,in de meurlre. Il limilail, aul1nl que pos-ihle, les e!Tels ùc la colère ùu peuple. D"abord, qu'on le rem1rq11e bien, c, ne sont ra, les vingt-deut dénoncés par les -erlions, quïl voulait faire ju,,er, ce srnl seulement les membres de la Commission des Oou1.e.P1r li (et on n'y a pas as,ez pris ~,r,lc il mcllait hors du déhat les tètes m 1m '5 de la Giron 1,,, ses chef, le, plus illuslres: Dris,ol, Yergniaud, Guadet. n:en m'rux, il pouvail espérer qu"après la supJ'1'es,ion politique tles Douze le peu11le, dt'-armé de sa haine, ne ,e liurrail plu, à des ven3eance, p1rlic ulières. Enfin, ce n"élail pas un procès de parti, un pr-,r~, de tentlance qui élail inll'nl I à la Gironde. C'était à raison d'acte, pri<oi,, im;mtable, à la CJm ni-sion <les Douzr. que lrs membres de celle-ci seraient inl•rroc~,. jtJ!.'.è,, el ,'il y nv,1il lieu, condamné,. Or il se trou1ait prêcbt 1mcnl que les srub hommes érninenls rie la Commis,ion des Dome, Boy, r-Fonfrè,le el l\alJaul S:iinl-Eliennc, gqnés p1r l'influenre tle G ral a1aient pris parli contre les me- ires violcntt,,, contre l'arrestation d lléh,·rt. S"a,•harnl'rail-on en5uile conlre lies comparse, oh;cnrs? ~lais c'dait une chim~rr. Commer t es1,trer que Ir peuple lais,cra hors ,le la crise les cf1,,f.;éclatants et rrspon<ables, c,•ut qu'il a ap1,ri, à délester le 1,lu•, ceux qui ont ,railleurs la parl la plus lourde dans l<'sl'vénemenls? Que del'irnùrait la l\érnlulion, si la Ca·Lion giron ine, sunhanl à h Commis,ion des Douze, continu 1il son œt11re de dénigrement el dr pAraly,ie? L, répugnance de Danton à frapper la Gironde i'·lail pre,que invincible, el il y a dan, celle main qui• lire la corde rlu loc,in • comme un insen,ible lrPmblemenl. El quu ,le précautions il prend contre les 1iolences po-~ibl~, <les Enragés! CommP il annonce qu'au~,itôl la Commis,ion des Douœ di-suute, l'Évèché de1'1'a ,, rentrer ,tans le 11éa11l ! • La IJiron,le, contre lar1uelle se déchat1,aienl lt>stribunes, mais que Parb soule\'é enveloprait d"un vaste 0ol Incertain, ~a1.sgranùc colère el sans menaces, crutquïl lui ~ulllrail 1lemanœnl'!'er avrc quelque a1lressc pour sortir ùe celle joornée, non seulement sauve, mais ,·iclorieuse. Qutl triomphe 11our elle

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