Jean Jaurès - La Convention

1400 lllSTOlllE SOCJALlSTE • - Quelques voix.- Quel peuple? " Quel peuple, dites-mus? Ce peuple est immense; c&peuple est la sentinelle aYa'.lcéede la république. 'fous les dé,>arlem.euts haïssent fortement la tyrannie. • - Cn 1Jrandnombte de membres : Oui, oui. « Tous les cloparlemcnls exècrent ce lâche m,1Mranlisme qui ramène la tyrannie. Tous les départements, en un jour de gloire pour Paris, avoueront ce grand mouvement qui eÀterminera tous les ennemis de la liberté. Tous les drparlement, applaudiront à votre sagesse quand vous aurez fait disparaitre une commi,sion impolitique. Je serai le premier à rendre une j11.~tice éclatante à ces hommes coural)eux qui ont fait retentir lfJ airs. (Les tl'ibunes ap,,laudissent.) , « Je vou, enga:;e, vous, représentant, du peuple, à vous montrer impassibles; faites tourner au profil de la patrie celle énergie que de mauvais citoyens seuls pourraient présenter comme funeste, et si quelques lwmmes, vraiment dangereux, n'importe à quel parti ils appartiennent, veulent prolon1Jerun mouvement devenu inutile quand vous aure~ fait justice, Patis lui-même les fera rentrer dans le néant. • • El il conclut en demandant que la suppression de 1~ Commis,ion des Douze soit mise aux voix par appel nominal. c·est un chef-d'œuvre de puissance el de ,ens politique. Ainsi interprété le canon d'alarme ne fourn issail plus à la Giron le le prétexte de mander Henriot, d'en gager un ~onflit avec la Commune révolutionnaire. C'était comme la force tranquille et légale du peuple qui empruntait une 1•oixtonnante pour être entendue du lé3islaleur. Le Patriotr français dil (el ces quelques mols, pour le dire en passant, confirment encore la remarque de ~!. Bonarel sur la collaboration de Danton avec Barère) : • Danton, cet homme tant calomnié, qll1 avait fait un si touchant paragraphe sur l'union dans le rapport de Barère, Danton a parlé avec la fureur d'un homme qui lient la C?rde du toc;in. » Non, ce n'était pas de la fureur : c'était la noble colère de l'homme qui a tout tenté pour prévenir la crise terrible, qui s'est heurté à l'égoisme aveugle des factions, el qui s'y heurte encore quand il essaie de.modérer des él'énemenls qu'il n'a pu empêcher de naitre. Pdc quel triste male nlendu un homme d"un caractère généreux et fier comme le jeune Girey-Dupré, rédacteur du Patriote, méconnaissait-il à ce point le granù révolutionnaire? Girey-Dopro, rendant compte de la séance, écrivnitavec une dignité• calme etun lranq11ille courage: • Gloire immo~lelle soit aux- représent&uts du peuplé qui ll'oot p111 dé• sespéré de la république et qui, prêts à mourir, se sont rendus-à leur poa'8, au son funèbre du tocsin, au lugubre bruil'du tambour d'alarm.i Je veux imiter leur courage; je veux en tout partager leW' sort; pul11é'--Je aUl&i par•

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