Jean Jaurès - La Convention

il02 llISTüll\E SOCIALISTE con•erver des olages. li est donc vrai que la rougue insurrectionnelle de J'f.vêché e,t ralentie el amortie par sa collaboration avec la Commune. li est nai que le Conseil général révolutionnaire ne se jette pas aux mesures e,trèmes comme le Comitô révolution1Jaire. ~lais il ne faut pas oublier que la Commune a été réinvestie révolutionnairement, que les délégués révolutionnaires des SJJetions présidés par Dobsent sont millés à elle, et qu'il n·y a entre rlle et l'Évèché aucune opposition fonrlamentale. La Commune, en ce jour, fait, au contraire, du Comité révolulionnaire son organe exécutif. Elle applaudil aux ùôci-ions les plus vigoureuses des sections: par exemple à celle de la section du Bon-Conseil qui s·oppose au départ de tous lrs courriers de la poste, et qui met en étal ct·,1rrestalion, à leur poste, tous les administrateurs el même les chers de bureau. Elle atlople surtout une gran,le mesure révolutionnaire qui avait pour objet de prolonger l'insµrrection, de tenir le peuple en armes tant que la Gironde ne serait pa, vaincue. Elle décide, sur une motion du Comité révolutionnaire, • qu'il sera acc01•drJ40 sous par jnur mi.r citoyens peu fortunés tant quïls reste,·ont <ous les armes.» Il y a donc coulrariélé sourde entre les prudents, ceux <1ui re1>ré,enlent plus parliculiè1·emcnt la lraùilion ùe la Commune, et les Yiolents qui veulrnt précipiter la iJat1ille. El celle conlra.-iété s·exprime par un mouvement lent. Mais il n'y a pas, à proprement parler, connil; et il est certain que, ùès que la tactique à demi temporisatrice ,e sna révélée insurnsante, c'est avec ensemble que Loule, les forces de la Commune el de r€vêché se rallieront à une tactique plus décisive et plus brutale. A la Co1wenlion aussi, la .\lontagne, surtout la ~lontaii-nerobespierriste, était ré,o\ue à aboutir. Son salut, 11011 moins que le salut de la Révolution, lui en faisait une loi. Elle était conrlamnée à vaincre ou à périr. Si, après ces j~urnées de crise, la Gironde l'emporl1il, elle exercerait à coup stlr des représailles ùécisi l'es. V•Ynsseur dit très ncttrmenl, dans ses Jlémoires, que les Montagnard, étaient obligés de trappe,· sïls ne voulaient pas succomber eux-mêmes. "La mêlée une fois engagér, il ne ,'agissait plus que de triompher et ùe prouver, suivant la menace de Dantou, que nous pouvions égaler nos adversaires en prudence et en vigueur révolutionnaire. Dès l'instant Oll nous avions dit: nous ré<istero11s, ùès l'instant où la Commission des Douzo avait annoncé le de~sein ùe pour,uivre les tra!lres ju,qur sw· la Jlontagne, les di-cu,sions, de collègue à collègue avaie,1t fait place ,i wte guerre à mort, el certes ce u·esl µas nous qu·on peul accuser ct·avoir c1chô no-; projsls. Q,1·on ne di.e donc plus que nous av0ns agi avec perfirlie en appelant lïnsurreclion à notre a'.tle; celle ins11rr1•ction, nous en avions donné le signal au milieu den sennernis en for·ce; d'aitlenr,, eu,:<a-ussi voulaient notre expulsion, notre aocus.1liou, notre mort; s'ils n'ont pas réns,i à lancer contre nous les gardes netionaies, c'c,t la rorce qui leur a manqué, et non le bon11evolonté ... L'épée était

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