Jean Jaurès - La Convention

HISTOIR~ SOCIALISTI,; i3C9 si elle a,ail sig-nifié au peuple de Paris, par proclamation el affit'hes, qu'il ne ùe,·ait pas déposer les armes al'anl que la Cornenlion, irweslie par lui, eùt cas;:ti la Commission des Douze el rc•jelé les \ingt-deux, si elle a,ait a·11uto qne les magistrats municipaux allaient prendre la t,'te du mouvement et aO:ronter les premiers le péril, peut-être ce mot d"ordre ,ioleut el précis aurait-il hâté lïnsurrection incertaine et langui.;,;ante. ~lais la Commune avait peur d'ôtre débordée par le, Enragés si elle-môme déchainait et précipitait le mouvement. Elle avàil l'espoir que de la vaste manife,tation, un 1,eu diffuse el pacifique, se déga~erait cependant pour la Convention une sommation assez nelle. Pache voulait gar Ier contact avec la Convention comme arec le comité révolulionnait·e de l'~vêché, et il surreillail les él'ènements plutôt qu'il ne les passionnait. ~Jichelet va au delà de ce qu'il est permis d'affirmer quand il dit que dès le début do la journée il y eut conOit de tactique entre le comité révolutionnaire de l'Évêch6 et la Commune reconsliluée: « La COn\'enlion mande le maire; que fera-t-on? Varlet et les plus \'iOlents ne t·oulaie11t paç qu'on obéît; ils prétendaient que le maire fùt consigné comme le fut Pélion pendant le combat du 10 aoOl. D'autres plus sages Doh- ~ent en tète, d'accorù avec la Commune) pensèrent que rien n'était organi-6 encore, qu'on ne savait pas seulement si le nouveau commandant serait reconnu de la garde nationale; ils décidèrent qu'o1t obéirait et que l'ache irait rendre compte à la Convention. Tel fut hi pMmier ciissrntimenl. » )lais il n'y en a pas trace dans les comptes rendus que nous a10ns. Je vois h:en que Je lendemain, 1" juin, à la Commune, Yarlet se plaiut que le maire n"ait pas été consigné pendant vingt-quatre heures, parce que "étJnt revêtu d'une autorité légale, il peul être nuisible il la rél'Olution ». Je \'Ois bien aussi quïl se plaint que Dobsent ait contrarié les opérations du comité révolutionnaire. ~lais tout cela, c'est un ju;ement porté nprès coup ,ur la journée du 31 mai. Et rien ne démontre que Varlet ait proposé le 31 mai au matin ce qu'il regrette le i•' juin qui n'ait pas élé fait. Qui sait même ,i Varlet, qui était président provisoire du comité révolutionnaire, et qui devait se complaire eo ce pl'1'mier rôle, assistait à la séance du Conseil général de la Commune? Si, le 31 mai au malin, à propos de la lettre de la Comention qui mandait P,,che, un incident de celte graYité s'était produit, ,i plusieurs dél6gués révolutionnaires avaient propos:, de braver la Convention, le compte rendu l'aurait sans doute noté, car il s'arrête assez longuement aux di~cussions provoquée~ par la démarche ùe Parhc : ~ On donne lecture d'une lettre par laquelle le président de la Convenlion natiooale itnite Je citoyen nuire à se rendre dans son sein pour lui rendre compte de l'étal actuel de Paris.

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