Jean Jaurès - La Convention

1308 fllSTOlfiE SOCIALISTI.; ballrc, le tocsin sonner dans tous les clocher; de Paris; chaque citoyen se pol'/t>en arme< à sa section; les barrières sont ferme,. • li n·y av.1il fionc pas inertie el indifférence, mais c2 p~ple immense el actif, qui se déballait dans une crise obscure, ne savait au juste où était le de\"oir, où élail l'intérêt de la liberté el de la patrie. Les Révolution.$ de /'ar:s ont bien marqué cet étal d'a llenle incertaine, de contrariété cl de tlollemenl. « Avant de prendre les armes, les citoyens de Paris ue délilJèrenl pas s'ils doil·enl les prendre; ils courent d'abord à leurs piques, à leurs fusils, à leurs canons commeau plus pressé; cc µ'est qu'a;irès avoir cherché l'ennemi qu'il faut combattre sans le trouver, ce n'est qu"à la fin du jour qu'ils se sont demandé: • ~:ais depuis vingt-quatre heures que nous sommes sur pied, on ne nous a « pas dit encore ce qu'on veut de nous. Pourquoi celte alerte ~énérale, pro- « longée jusqu"à la nuil? Où faut-il aller? Contre gui faut-il diriger nos • baïonnettes cl pointer nos pièces?• • Il leur a été répondu d'une part: « C'est un grand coup que nous 1·ou- " Ions porter à des contre-révolutionnaires qu1 entravent la marche rapide « des travaux de la Convention, cl qui sans doute ont une faction Louleprêle « à se déclarer en leur faveur, si on ne leur en impose avec un appareil re- « doutable el une contenance aguerrie. » • n·unc autr~ part, on leur a dit : • Restez immobiles à vos postes; « prenez garde, ne devenez pas les instruments d'une faction contre une « autre; à la faveur du canon d'alarme cl du tocsin, des autorités mons- " lrueuses, des pouvoirs antirévolulionnaires vont vouloir s"élever; ils vous « proposeront, pourvu qù'ils vous trouvent dociles, des proscriptions san- " glantes. Soyez sourds, cl que les auteurs de tout ce bruit en redoutent « pour eu,-mêmes la catastrophe. » Autour de la Conven lion qui ouvre sa séance dès six heures, se presse une force armée très m~léc; les premiers députés, accourus au son du toc:;in, vuicnt, au témoignage de Levasseur, « deux mille sectionn:lircs girondins rem_.lir-la place du Carrousel, où se pr~cipit~rent également une foule d'insurgés•· C'étaient comme de vastes flots remués par de, vents contraires. Si la Gironde avait eu un mol d'ordre précis, vivant, actif, vraiment rôvolulionnaire el national à jeter à ces foules, elle aurait pu l'emporter aussi bien que la ~lontagne. 1Iai, qui donc, après toutes ses défaillances el toutes ses criailleries vaine,, qui donc aurait pu croire en elle, si elle avait dit au peuple : Je sub !"énergie de la Révolution? Au contraire, la Commune et la Montagne pouvaient crier à Paris: Qu'on nous débarrasse des di,;puteurs de la Clronde, el nous écrasons l'ennemi, nous balayons l'étranger. ~lais la Commune, effrayée de sa responsabilité, ne parlait à Paris que d'une voix un peu basse el sourde. PeuL-t'llre si, dès le début de la Journée, elle s·était engagée à fond, si elle avail fait tirer d'emblée le canon d'alarme,

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