Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTE rellement le peuple autour de l'endroit où nous !'lions; un pelil n;orrcau de papier jf'.lé dans la cheminée y mit le f1•11avec la plus grande rapirlilé, la fum(•e >Ortail par gros Oocon,: clt'jit lrs localai1·es el les voisins s'assc•mhlaien l; nous f,•rmllmes les portes el 1w11, parvl11111es à /•teindre le feu U\'er ln m,'me proniplilurle qu'il avait pris. « J,, me rendis ensuite à l',\.-scmb lée, en traver,anl les groupes les plus menaçants. • Le premier acle du con•eil gcin éral révolutionnaire avail été ùe désigner comme commandant général de la garde nationale 1rl en violation du décret de la Convention) le commamlaul du bataillon de Ja,cclion ries San,-Culolle,, Henriot. JI voulait rlonner une impulsion centrale cl une d11·ectio11 111ique a11 mouvement. ~(.1islïnsurreclion n·avail pas, ,i l'on peul dire, un rournnl lr/>, énergique el très net. Sous les coups répétés du to,·sin, les citoyens prenaient leurs fusil,, sortaient de leurs demeures. se réuniS$..1ient à renlri·e de la rne ou au poste ùe la s~clion. Lentement, rt par petits groupe,, ils sr dirigeaient vers la ConYention, mais aucun mot d'ordre vigo11rc11,et clair ne se dessinait, el nul n'aurait pu dire si tous ces hommes étaient de, insurgés allant attaquer la Gironde jusq uc dans l'Assemblée nationale, ou des gardes nationaux veillant au main lien de l'ordre, ou des curieux 0:lnanl au >Oleilcl allant aux nouvelles. C'était comme une mer somh,·c parfois, mais oü se jouait la lumière et dont les vagues incertaines semblaient ne menacer aucnn rivage. En s'associant à la Commune pour élargir le mouvement, l'l\1•o'·chéavail amorti sa fougue. li me semble pourtant que )lichelel exagère l'atonie el la passivité de Paris, il exagère aussi la résistance de la Commune au, mesure, ,igoureuses que propare le Comité révolulionnaire séant à l'J~vêché. • Ce qui frappe el qui surprend, dit-il, dans les actes de l'épociue, c'c·~ l'éclipse à peu près com1ilète de la population de Paris. Le nombre des votants aux él•·ctions de section est Haimenl impcrceplihle. Sauf trois (des plu, riches, la Bulle-cles-Moulins, le )luséu m el les Tuileries) qui, dans ces jours de crise, apparaissent assez nombreux, les autres n'ont guère plus de cent votants, el presque toujours le nombre est bien au-dessous. Celle du Temple. pour une élection impo riante, n'en a que 38. 011 peut affirnwr hardiment, en forç ml même les chiffres et comptant cent hommes pour chacune des 48 sections, que toute la population ac_tive politiquement (dans relie ville d,; 800000 àmes) ne fai~ait pa.~ ci11q mille hommes ... Paris, en réalité, avait donné sa démission des affaires pub! igues. • Pourtant, en mai, l'animation des sections fut parfois extrême. Cc qui esl vrai, c'est qu'il y avait incertitude et division plus qu'inditrérence. Quai!(! Michelet insiste sur Je petit nombre des volants, par e~eru~le sur le petit nombre dl\ voix qu'en novembre 1792 Lhuillier eut au scrutin, il oublie <Jue même en septembre, mê-:nc aux élections générales pour la Convention, le

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==