Jean Jaurès - La Convention

i368 IIIS'l'OIRE SOCIALIS'rE priét,is et tous les membres de celle section ont jure de mourir pou, faire observercelte loi. » E,idemment, la pensée de la seclion de la Cité, la plus ardente de toutes, cl qui avait pris l'initiative de la convocation, était commune à toutes l.is sections. Il est très probable que, dans celle nuit du 29 au 30, les pouvoirs de la Commission des Six, qui s'était si h1rdimcnl jetée à l'avant-garde dès le 28, fnrenl confirmés cl sanctionnés. Il e,L po,sible aussi qu'elle ail été complétée cl un peu éten,lue, pour mieux ré; ondre à l'ampleur croissante du mouvement. Buchez et Roux d'abord, Schmidt ensuite, disent que ce soir du 29 mai, la réunion de r~vêché nomma une commi,sion de neuf membres. Je ne puis décider, à regmler ùe près les textes, si c'est le 29 ou le 30. La Chronique de Paris, dans le numéro du 2 juin, où elle résume les événement, d11 31 mai, dit : « On a lu aux articles Conve111ion el Commune comment s'est formée l'assemblée de !'Évêché : neuf commissaires y ont été élus et se sont transportés à la Commune qu'ils ont cassée el rétablie ». Mai! on ne peul inférer de là que c'c,l dans la nuit du 20, el en remplacement de la Commi:;sion des Six, que celle Co,1mi,,ion des :-leur a été nommée. Il semble même, d'après le texte de la Chro11ique, que ce soit une commission formée à la dernière heure, le 31 au malin, quand le tocsin sonne déjà dans Paris, el quand il raul aller à la Commune. Pache, mandé lei•' juin ù_ev.inl le Comité de salut public, y dit (<l'après le procès-verlJal) : • Depuis deux jom·s il s'était formé un comité rérnlulionnaire composé de neuf ciloyens, il y fut adjoint un dixième membre». Il y a ,leu, jour,, est-ce le 30 ou le 29? Garnl semlile, il est vrai, plus ex1ilicile : « Le lendemain (29 mai) entre onze heures et mit:uil, on vient me dire qu'une assembl6e s'e,l rormée à !'Évêché, qu'elle s'est occupée de mesures qu'elle appelait desalul public, el qu'elle venait de nommer dix commissaires. Je cours au Comité de salut pulJlic lui donner cet averlis,emenl. rl chez le maire pour l'interroger sur la nalure el sur l'objet de celle assrml,lée. Le maire 6lail au lit; je le fis réveiller pour me recevoir. Par quels hommes celle assemblée de l'tvècho élail-elle composée? Quelle étai1 leurmi,sion? De qui l'avaient-ils reçue? Que pouvaient être ces hommes qui, à côté de la Convenlion nationale et de ses comités, à côté du Conseil exéculil' du département, de la Commune el des sections, s'enquéraient des moyens de salul public? Tout ce que le maire put répondre à ces questions, c'est que l'assem• blée de !'Évêché était un composé de membres du corps électoral, de membres de sociétés populaires el de commissaires de plusieurs sections; mais il m'assura, e~ du ton d'un homme qui le savait avec certitude, qne celle assemblée, qui lui donnait aussi des inquiétudes, s'était elle-même reconnue el déclarée incompétente pour prendre aucune mesure d'exécution, qu'elle ne se ronsidérail que comme une réuuinn de citoyens occupés ensemble de la

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