Jean Jaurès - La Convention

900 lllSTOlllE SOCIAl,IS'l'E émotion floil être de renvoyer la cause à d'autres jugrs, qui, eux, u'auront pag entendu . .\ JJ<'inel"ébloui-,cment de relie splendide parole ful-il un peu dissipé, on ,e drm,rnda : )lais que ,e propose donc Yergniaud? Sïl veut s~11,·erle roi, pourquoi ,embarra,,e-t-il de ce pe,ant et dangereux si ,l(•mc de l'appel au peuple? Ou si c·esl ,-raimcnt l'appel au peuple qui l'intéresse, , il se préoccupe de ,naintrnir avant Loul ce qu'il appelle le droit de la sou, eraineté populaire, pour~uoi s'engagc-L-il au-si à fnnd par des paroles de clémence? Pourquoi sen,ble-l-il présenter l'ap1,cl au peuple comme un moyen supr~me dlmmanité cl de pardon, au ri•que d'en détourner ceux <tui, séduits par l'apparente lof:ique de ce système de sou,craineté populaire, ne ,oudraient cependant pas qu'il tournâl au salut du ti·ran ! Cc qui ajoute à l'incerlitu le el à la confusion, c'est que, m,'mc parmi les Girondins qui soutenaient 1'.1ppelau peuple, il n'y a"ait pas unité de tacli11ue, ,Je pcn,èe el d'accent. Salles roulait que la Con1enlion se prononçât seulement rnr la cu)pabililé, qu'elle s'abstînt de statuer rnr la peint', cl qu'elle lab,ùl aux assemblées primaires le soin de décider s,•ules ,i Louis serait puni de la drlenlion, du bannissement ou de la mort. Buzot, au con traire, voulait qur la Convention se prononçO.l aussi sur la peine, mais que celle-ci fût soumise à la ratification du peuple. • ~Ion opinion dilîèrc de celle de Salles en cc que je prononce la condamnation à mort contre I ouïs X\'I, cl que j'en renvoie la confirmation à la nation entièr~, tanùis que Salles veut, au conlr,IÎre, que nous nous bornions à décider ,i Louis X\'l c•l coup"blc, cl que nous renvoyions au, assemblées primaires l'applicatiun de la peine. \'oici les raisons de celle différence : premièrement vot1s avez décrété que Louis serait jugé par la Convention, el vous en a,·e, reçu les pou,·oirs du peuple qui les confi•re tou,. Y renoncer serait rneu,e une arme de plu, entre les mains de nos ennemi,, qui ne manqueraient pas de \'Ous accuser de raibles~c el de vous croire retenus par la peur; ils diraient que vous n'avez pas su porter avec courage le fardeau que vous vous étiez imposé, que vous avez craint même d'en soulever le r,oid•. O-!'Z le faire, encourez (IWC fr,111chiscet fermeté la respon~abilil~ qu'il appelle sur ,otre tète: 1ous ôterez à la calomaiP. un nouveau prétexte pour anlir la Convention. Secondcmn11, jP pe,1sP que vous deve= vou.1-mêmes diri9er el fi.rer l'opùtiun; le peuple, da11ss1•sassemblées primaires, •'appuiera de voire exemple; lPs faibles seront ra/J'ennis dans leur opinion c!umcelanll' par l'1·.rpre.,.,io11de la t·ôtrl'; ri le., homme, de cottrage e11a11ro11t11lusde fo,.re pour luller avec succès contre lr.~ partisans d'1111111odéi'a111is111e exayr'ré; en/in la liberté dP.~a.,,embli!es primaire, reste entière, mnis lrs disse11timl'IIIS ne s011tplu, à cramdrP, f'l les opinions qui po11rraie11t être timides et flottantes ont un centre de force et de lumière dans le pro11011céde voire décret. • Qui 11ecroirait, à entendre c,•, paroles, que Buzot, tout au contrairede

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