Jean Jaurès - La Convention

1360 JIJSTO!llE SOCIALIS'l't<: -- ----- sagesse, nou~ lc3 surpa~~erons en audace et en ,igueur révolutionnaire », sallardc encore à cette entreprise désespérée de rapprochement. ~!. Bpnnarel a noté (el celle remarque est une sorte de découverte), que lui qui n"écrirnit presque jamais, il avait, cette fois, collaboré au rapport de Barère, quïl y avait inséré les appels le plus pressants, les plus éloquents, à l'union, it la pah. Le témoignage du " Uépublicain, journal des !tommes libi·rs de toirç les pays », en son numéro du 30 mai 1703, est décisir il ccl égard : « IlJrèrc présenta ensuite le rapport général du Comité de salut public sur notre situation intérieure el extérieure. 11est trop étendu pour qu'une analyse rapide puisse rnlisl"airc nos lecteurs; nou,; voulons quïls en joui,;- sent pleinement; mais nous annoncerons cependant aujourd'hui que c'est à cc Danton si calomnié, si souvent depeint sous les couleurs les plus atroces, que !"on doit le paragraphe où le Comité fait sentir la nécessité d"une constitution républicaine, de l"établissement des écoles primaires, du ralîermissemcnt des propriétés, du retour de !"ordre, du règne des lois el de la morale, el surtout de l"étoulîement de ces passions qui divisent les représentants d'un m6me peuple cl ne font du palais de l"unité que le temple de la discorde. » Le témoignage de Cambon, comme le remarque M. Bonnarel, confirme celui du 1/é;,uh/icain. C'e;;l Ducos qui, dans la Chronique de Pari< du 31 mai, le signale en cc,; terme;; : ,, Des applaudissements avaient accueilli un passage lu par Barère : « Ce « morceau que vous venez d'entendre, s·écriaCam!Jon, a cependaul été écrit par « un homme calomnié, par Danton. » Barère, dans ses .llémôires où il accable Danton, s'est bien gardé de rap1,eler c~llc collaboration. Elle n'en est pas moins certaine. Doue Dantou disait, avec celle sorte de faste qui se mêlait parfois à la vigueur de son éloquence : " En entrant dans celle enceinte du local où siège l'Assemblée, l'étranger comme le citoyen sont frappés par cette inscription sublime qui seule e,t une Constitution, qui comprend tous nos devoirs, qui ranime l'espoir qui doit nous animer, qui exalte le courage que vous devez apporter dans vos travaux et qui doiL faire pâlir les tyrans de !"Europe. Le mol Unité qui est inscriL sur la porte du Palais national devrait être aperçu de lou.s les départements et gravé dans le cœur de leurs députés. " L'unité de 25 millions d'hommes, l'unité de tant de volontés doit vous rendre invincibles. « )lais cette inscription sera-t-elle donc toujours mensongère? Verra-t-on ~ans cesse dans le palais ne l'Unilé, les fureurs de la discorde et 40 000 petite,; républiques y agitant leurs dissensions par des représentants? " Faites donc disparaitre les images de ces Lycurgue, de ces 8olon, de cco Brutus, l'honneur et] 'appui de leur patrie; substituez à des images véné-

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