Jean Jaurès - La Convention

lllSTOJllE SOCIALISTE ------ ------- -------- bal cl un carnage. Je n'élai5 point appelé par la Convention, mais lor,qu·on me parle d'un grand danger qu'elle court, je crois qne c·esl dans son ,e:n qu·e,l mon poste, el je m'y rends. « En traversant les TuilNirs, j'aperçois des groupes, mais ni en trts i.rand nombre ni lrès nombreux, ni lrès lumullueu~. " .\ u grand rscalier el à la porte du 5alon de l,1Liberté, je vois une roule très grnndc et lrès agitée, qui se presse aulour de la porte, mais sans aucune armc, au moins , isible. • En entrant dans le:, cours du Palais );alional, je \'Ois au-des,u, des canon, les mèches allumées, et une force armé,• :i,,ez cou,iù~rable qui longeait et se promenait le long dr la façade du P,tlais, en l'ace du Carrou,el. A celle ,uc, je ne doutai point que h Cunvrntion ne lùt a:,,kgéc en effet, li tant de régularité dans re mouwmenl si criminel (,aral rachl'le, par la, io- . Jencc ,les adjeclirs, l'indéd,ion des acle• 1 me fil croire que ce mouvement a1ail des chefs. • Je rencontre Lidon qui me dil qu'il a eu beaucoup de peine à se faire un pa,s,,ge, el qu'il a étc menacé. Lidon allait à la Corumi,sion des Douw; j'y monll' a,ec lui, el en mèrne Lemps arrivent el monteul a,ec nous l'ache, qui était mandé, Dc,lournelles cl quelque, membres de la Commune. La il y cul entre quelque;; officiers municipau, et un ou deu~ membre:, des l),,u~e de ces paroles qui enflamment plus les pa sions qu'elle, n'expliquent les çho,e•. JI y en arnit une que je ioulai, princivalcmcnL savoir, el sa1oir ,a~s aucun doute, c'étail par les ordres de qui ayait èlc appelée la force anm'e que j'a1ais vue le long du valai•, cl à la dispo,iliou de qui elle élail. Lidou me prolesla qu'il n'en savait rien; Pache me fil entendre qu'il avait signé la réqubition, mais qu'il n·ayail pas été libre de la refu.er. llabaut de :,;a nLELienne, qui avait l'air êpui,(• ,le fatigue cl qui prenait uu bouillon, ne répondit rien à ma que:,lion, parce qu'il avail à répundrc à d'autres intcrro 0 alions qui lui étaient faite, en m:,me temps. » Or, c élail la Commi5,ion ,les Doute qui arnit donne au commandant du bataillon de la section modérée de la llutte-des-~loulin, l'onlrl' d'ameucr plu- ~icurs compagnies en armes; Pache avail en effet ~igné la réqubiliou,mais par ordre. Telle él.ail l'incohérence d'action de la Gironde, qu'au moment où elle procétlail à une première mobilisation ùc la force armée, el où elle donnail alm,i le premier signal de la guerre civile, elle négligeait de pré1eoir le mimstre de J'Jntèrieur qui, ,an, lui être courageusi•ment dévoué, amit des symp..lhies pour ellt>. La l\é1olulion n'a1ail plus decidémeul ni gouvernement ni direction, el c'eEl ,culemcnl pai· un coup de force du peuple bril,ant une de,; deux foction, ~n Julie <1u'cllepou1•ail échapper à la 111ortelleanarchie. • Ct•pendant, continue Garat, on venait nous rapporter que la fermentalion crois;ait à chaque instant au dedans de la Convention et au dehors.

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