IIISTOIRI~ SOCIALlSTE Le mini,tr,' de la juslicc, Gohier, semblail s'appliquer à compromellre la C<1rnmissiùndes Douze, toul en alîeclant d'exéculer ses ordres. Garal cherchait. par de, convcrrnlions particulières awc les chefs girondins. à bi·•n prounr q11'il arnil pour rtn ami lié Cl estime; il prélendail professer l'horreur la plus , il'P pour les excès du maralisme. )lais il sen la il bien que la force était de plus -en plus du côté de la Commune el de la ~lontagne, et il rnul,til éYiter, al'anl tout, un choc violent où il cùl été obligé de prendre parti. l)(>, lors il élail hostile à hi politique agressive de la Gironde el de la Commission des Douze. Celle-ci d'ailleurs avait-elle un plan net el vaste? Arrêter llcbert n'élai( qu'un dangereux enfantillage si on ne brisait pas toute la Commune, el comment la briser? Bien mieux, il aur,1il fallu briser la Montagne elle-même. Or, comment loucher à Robespierre el à )Jaral sans soulever Paris qui venait d'acclamer, en avril, à sa sortie du tribunal rél'olulionnaire, l'Ami du Peuple acquillé el triomphant? Garat suggérait à la Gironde tous ces doute,. el il agissait sur elle co,11me une !orce dissolvante el paraly:;ante. « Le :!ü mai, à une heure et demie de la nuit, écril Garat dans ses,l/,'- moires, on ,ienl me dire, à l'lnti'rieur, qu'un grand mouvement se prépare à la porte Saint-Bernard; que des femme:; sont à la tète, mais que des ho111mes armés les acco,npa~nenl. Je fais partir à l'in,lanl deux genùarmes pour nfa,surer du fait, el je me rends moi-même à la Cùmmissio11 des Douze. Je n'y trouve que Rabaul-Pommier, qui va chercher son frère. Rabaul de Saint-Etienne vient me joindre ,ers Cieux heures après au Comité de salut public. J'étais sûr, dès lors, par le rapport des gendarmes, que Je mouvement de la porte Saint-Ilernard n'étail rien; mai, j'étais trop sûr aussi que des mou1ement, plus réels allaient suivre celle menace. J'étais lié al'eC Rabaul de Saint-Etienne; j'aimais sa personne, j'estimais sa philosophie; je sarnis qu'une imagination fertile el brillante le disposait à voir entre les laits plus de liai,ons et de rapports qu'il n'y en avail quelquefoi,; mais je savais au,si qu'il aimait la vérité, qu'il a1ail exercé sa 1aison à la discerner el à la reconuailre. « Là j'eus a,·ec Rabaul de Sainl-Élienne une conver,alion très longue el lrèsinlime. Je ne lui dissimulai point que je trouvais beaucoup d'imprudc11ce et de danger à laisser à la Commune la dispo,ilion de toutes les rorl'r- de Paris, el à faire arrèler l'un des officiers municipa1n presque dans son sein. • Oubliez-vous, lui disais-je, que nou, sommes dans des temps où l'on ose tout ce qu'on peut, el où l'on a de beau, noms pour honorer tout ce qu'on ose·/ On a montré à la Commission un passa;e affreux d'une feuille ù'Iléberl que je n'ai jamais lu; mais ce passage, qui e,l affreux, ne l'esL pas plu, que cenl passages de ce lllaral qu'un tribunal vient de renvoyer, la tète couronnée de lauriers, au rang de, légi>laleu1·s. Sans doute, si nous elions ,ous le règne des lois, Marat devra il Mre, au moins où vous avez mis ._ibert; mais croye: qu'il est trop dangereux de metlre /Jébert à l'Abbave.quand
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