1331 UISTO!IlE SOCIALISTE ,\!ème à la ,ectiun de l'Ar,enal, la bataille, si disputée depuis plusieurs jours, tourne enfin à l'avantage des sans-culolles. Dutarll note les incidents de la soirée du 2(): • Je vole à la section de l'.\rsenal; j'y trouve tout le monllc en gallé, des coups de chaises donnés, plusieurs personnes blessées, un capitaine qu'on avait emporté dans un fauleuil, ici, encore, les saute-ruisseaux, les courtauds de boutique avaient fui: et les sans-culottes étaient restés les maitres : « C'est bien beau, disaient quelques personnes, ils veulent " donc se faire a,sommer: nous ne leur voulons rien, nous ne leur deman- · • dons rien; qu'ils nous laissent donc tranquilles. • li semble, à lire Dulard, que l'intervention des sections voisines a été légale : « Plllsieurs sections, dit-il, étaient accourue,, c'est-à-dire les ·patrouilles; elles ont fait respecter la loi, conserver l'ordre cl la paix. Nous nous sommes quittés, après mille adieux, il minuit précis, c'est-à-dire après que les commissaires de la Commune se sont retirés eux-mêmes. » Mais comment Dutard peul-il assurer que dans la bagarre les délégués des autres sections n'ont pas prêté main-forte aux patriotes? C'e;t ce qui res• sort du compte rPndu de la Cl1ronique de Paris. • Bodson fait son rapport au Con,eil; il dit qu'à l'arrivée des commis,aires à la section de !'Arsenal, les patriotes al'aient déjà eu quelques avantages; que des députai ions des sections de ~lontreuil, des Quinze, \'ingt,, des Droits de l'Homme, de ~1arôeille, des Arcis, sont venues au secours des patriotes de !'Arsenal; que l'on a ouvert les portes de l'assemblée avec permission à loul le monde d'entrer en montrant sa car le; les aristocrates ont pris la fuite en abandonnant leurs chapeau,; on a adhéré à l'arrêté de la section de ~lontmartre. » Animées par l'afflux des forces ouvrières, encouragées par le soutien qu'elle, se donnaient les unes aux autres, les sections 6taient encore excitées par la prédication véhémente du club des Cordeliers. • J'arrive à ma section à 9 heures 3/4, écrit Garat. Elle déli!Jérait sur l'admission d'une députation des Cor,leliers. Deux d'entre les Enragés étaient à la tribune et voulaient être entendus. « A bas l à bas! de la part du côté • droit, r,,rdre du jour! » Plus de dix modérés étaient en l'air el semulaienl dire, quelques-uns mêmes disaient : " li n'y a plus que dix minutes, bientôt • six, bientôt quatre. » Emportées par la passion, les sections ne tenaient plus aucun ,compte du fameux arr~lé de la Convention qui interdisait aux sections de se I orter les unes chez les autres et qui ordonnait que la séance fût levée à dix heures. Les plus e<allés demeuraient, et l'arrêté de la Convention, comme on le devine par le récit de Dutard, avait un effet para loxal, tout à fait contraire à l'intention ùe l'assemblée; les modérés SP,ulss'y soumellaient el ainsi, à partir de dix heures, les sections étaient livrées aux sans-culottes. Ceux-ci pensaient, d'ailleurs non sans rai~on, que la majorité de la Conrnnlion avait marqué le terme de dit heures afin que les ouvriers qui n'étaient libres que
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